L'Auvergne Agricole 25 avril 2013 à 10h16 | Par Sophie Giraud-Chatenet

Filière laitière - Yannick Fialip : «Un prix de base pour 2013 au moins à 340 euros/1 000 litres»

A la demande de la FRSEA Auvergne, le préfet de région a réuni tous les acteurs de la filière laitière régionale. Objectif : obtenir une revalorisation du prix payé au producteur, dès avril.

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Yannick Fialip : «Quel que soit le type de valorisation, ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que le prix du lait doit remonter rapidement ».
Yannick Fialip : «Quel que soit le type de valorisation, ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que le prix du lait doit remonter rapidement ». - © Sophie Giraud-Chatenet

Suite aux nombreuses actions syndicales menées dans les départements, le préfet de la région Auvergne, a réuni une table ronde. Qui y participait et que bilan peut-on en faire ?

Yannick Fialip : Cette réunion en préfecture a été organisée à la demande de la FNSEA Auvergne. Des acteurs de la distribution, des transformateurs, des organisations syndicales, de la coopération, de la FNIL y ont participé. Nous avons rappelé l’urgence de la situation pour les producteurs de lait confrontés à une hausse des charges sans précédent avec en face des prix du lait payés qui sont loin d’être à la hauteur.

Nous pouvons nous féliciter de la validation par tous de l’orientation nationale permettant une augmentation de 3 à 4 centimes d’euros du litre de lait.

Cela représente un gain d’environ 25 euros/ 1 000 litres, qui devrait conduire à paiement minimum de 325 euros/1 000 litres en avril. Du travail reste à accomplir pour convaincre l’ensemble des acteurs de la filière de répercuter cette hausse sur l’ensemble des produits laitiers. Notre objectif pour l’année 2013, est d’obtenir un prix du lait de base d’au moins 340 euros/ 1 000 litres.

 

Comment comptez-vous aller chercher ces 20 euros supplémentaires. La piste régionale est-elle réaliste ?

Y.F. : La table ronde de lundi a une nouvelle fois démontré, que les industriels et la distribution bloquent sur une hausse du prix de nature plus régionale. Sur les AOP, on sent comme une volonté de mettre en compétition les fromages auvergnats avec des fromages à bas prix. Nous avons clairement exposé notre désaccord par rapport à une telle stratégie. Il est impératif que les négociations sur les AOP reprennent rapidement, d’autres pourraient être ouvertes sur les possibles valorisations à trouver via la marque Bravo l’Auvergne. Par ailleurs, la démarche Mont Lait, portée par les producteurs de lait de montagne et dont les premiers produits seront dans les linéaires des magasins dans quelques jours, a trouvé un écho favorable du côté de l’administration. Pour nous, il est important que l’état s’engage en faveur de la défense de la production laitière de montagne. Quel que soit le type de valorisation, ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que le prix du lait doit remonter rapidement. Nous avons été trop loin dans la dépréciation de son prix, qui figure souvent en-dessous de celui de l’eau ! Le préfet a été attentif à nos demandes relatives à la prise en compte de l’indicateur coût de production dans la composition du prix. Il serait grand temps que cet indicateur soit appliqué. Les charges des éleveurs seraient ainsi enfin répercutées.

 

Le discours de la grande distribution est-il, selon vous, en passe d’évoluer ou continue-t-elle de régner en maitre sur les négociations commerciales ?

Y.F. : Il y a des propos qui demeurent inadmissibles. Certaines GMS disent manquer de produits et affichent en rayons des affiches qui expliquent qu’il n’y a pas de produits car le fournisseur veut une hausse ! Le souci du pouvoir d’achat du consommateur a souvent bon dos notamment lorsqu’on découvre la guerre féroce que se livrent en coulisses les enseignes. La France a eu une politique de consommation avec une multiplication des m² de surfaces commerciales. Cela entraine une concurrence féroce entre les magasins qui se fait sur les prix bas et donc au détriment des fournisseurs et au final des producteurs. C’est pourquoi nous avons alerté le préfet sur cette question. Il serait bien que l’Etat soit très vigilant quant à la délivrance de nouvelles autorisations de surface commerciales. Trop de magasins pourraient finir par tuer les magasins !

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