L'Auvergne Agricole 16 juin 2010 à 10h40 | Par David Perret

FDPL - Lait de montagne : des opportunités à saisir

Le Conseil d’administration de la Fdpl, réuni le 11 juin dernier, veut donner au lait de montagne plus de valeur qu’un produit d’appel.

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Les administrateurs de la Fdpl se sont réunis autour de l’actualité laitière.
Les administrateurs de la Fdpl se sont réunis autour de l’actualité laitière. - © David Perret

Dans un contexte incertain, les producteurs veulent démontrer leur capacité à proposer des perspectives pour mieux valoriser leur lait.

Des inquiétudes fortes

Entre suppression prochaine des quotas, atermoiements sur l'avenir des sites de transformation de la région et évolution des relations producteurs/entreprises, les producteurs sont inquiets. Pascal Servier, Président de la Fdpl, alerte les éleveurs laitiers : « depuis quelques années, les signaux se multiplient notamment en Haute-Loire, dans le Cantal, dans la Creuse et dans notre département. Entre les débouchés incertains et la remise en cause de certaines usines, on peut estimer que l'équivalent de la moitié du lait du Puy-de-Dôme est en fragile équilibre à l'échelle du Massif central ». Concernant l'usine de Theix, la Fdpl est prête à apporter son soutien aux livreurs face aux nouvelles stratégies développées par la direction. « On nous baisse le prix du lait, les primes qualité sont menacées et on nous demande de faire les analyses du lait à l'extérieur de la région - alors qu'on ne peut pas nous y obliger car nous en sommes propriétaires- » évoquent les administrateurs de la Fdpl livrant à Theix.
En parallèle, l'accord CVO* pour les laits à destination des fromages Aop est en sursis. Les producteurs demandent une revalorisation justifiée sur la base des indicateurs de marché. Mais les entreprises refusent de faire évoluer le montant de cette CVO. « Un coup dur à la veille de la contractualisation » déplore David Chauve, secrétaire général de la Fdpl. La Fdpl attend beaucoup du Préfet de région pour débloquer rapidement la situation, alors que de nombreux producteurs se sont engagés dans cette filière en espérant une plus-value rémunératrice. Une délégation régionale de producteurs sera reçue prochainement.

 

 

Des opportunités

La loi de modernisation agricole va ouvrir un nouveau champ d'exploration dans les relations amont/aval. « Elle autorisera davantage la segmentation de marché et les possibilités de regroupement de l'offre » observe le Président de la Fdpl. Les études sur le devenir de la filière laitière dans le Massif central tendent à démontrer plusieurs avancées possibles pour la valorisation et l'ancrage de notre lait dans nos territoires. « Les producteurs doivent s'approprier le devenir de leur production pour contrer le démantèlement de la filière » estime Pascal Servier. «Les projets communs valorisants ont toute leur place dans les débats actuels sur la contractualisation et l'organisation des producteurs ».

 

 

Se mobiliser pour le lait de montagne

Le lait de montagne n'est-il qu'un produit d'appel pour les consommateurs ? « Pour le même prix, le consommateur achète ce lait plutôt qu'un autre » constatent les producteurs. Il a pourtant des qualités propres avec des arguments de vente spécifiques. De plus, il représente tout de même 15 % des volumes et 17 % des producteurs en France. Pour le Massif central, région qui a le plus intérêt à développer ce créneau, 4 à 5 % du lait peuvent ainsi constituer un véritable segment de marché, moins sensible à la conjoncture internationale, selon la Fdpl. La question de la plus-value du lait de montagne se pose d'autant plus que ce lait provient aussi des laits Aop non transformés en fromage, mais qui respectent les cahiers des charges. « Jusqu'où les producteurs doivent-ils conserver la propriété de leur lait ? C'est le moment de répondre à cette question si nous voulons espérer une juste rémunération et assurer un débouché pour nos laits » appelle Pascal Servier. Pour débattre notamment de la place des producteurs dans la filière après-quotas et des débouchés, les éleveurs laitiers sont invités aux Assises laitières le 25 juin.

 

 

Quand les rats taupiers se mêlent des Aop

En cas de pullulation de campagnols terrestres, les pertes de fourrages peuvent être localement très importantes. L'autonomie fourragère des exploitations agricoles peut être remise en cause, avec des risques de non-respect des cahiers des charges des laits Aop.
L'association des producteurs de lait Aop d'Auvergne, avec l'appui de la Fdpl, travaille en ce moment à la prise en compte de ces situations en lien avec les ODG*.

*ODG = Organisme de Défense et de  Gestion

 

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