L'Auvergne Agricole 11 décembre 2013 à 16h00 | Par F.Antheaume

fdpl du puy-de-dôme - Manifestation laitière : «les entreprises doivent respecter les contrats»

Excédés par le non respect de la grille des prix par les entreprises, les producteurs de lait se sont mobilisés vendredi 6 décembre.

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Fromages, beurre, lait estampillés «Président» et «Lactel» sont enlevés des rayons.
Fromages, beurre, lait estampillés «Président» et «Lactel» sont enlevés des rayons. - © M. Comte et F. Antheaume

Vendredi 6 décembre, à l’appel de la FNPL, les producteurs de lait se sont mobilisés à travers toute la France pour dénoncer le non respect des contrats par les entreprises laitières et affirmer leur détermination à faire changer la situation même auprès du leader français du secteur Lactalis.

 

La FDPL 63 a répondu à l’appel à la mobilisation nationale

 

Une cinquantaine de producteurs du Puy-de-Dôme s’est rendue dans deux grandes surfaces de l’agglomération Clermontoise : Auchan Sud et Cora pour s’assurer du déréférencement des produits «Président» et «Lactel». En bonne entente avec les responsables de magasin, les producteurs ont méthodiquement sorti des rayons tous les produits concernés. Les consommateurs abordés se sont montrés sensibles et ont soutenu l’opération

- © M. Comte et F. Antheaume

«Une journée sans Président»

Ciblée sur le groupe Lactalis, l’action a consisté à demander aux grandes surfaces de déréférencer les produits «Président» et «Lactel», les marques phare du groupe, sur la journée. Le cas échéant, les producteurs sont venus prêter main forte au personnel des magasins pour sortir les produits des rayons. Ils en ont profité pour expliquer les raisons de l’action aux consommateurs qui se sont montrés très compréhensifs et leur ont apporté leur soutien.


Rayons vides  et messages explicatifs laissés par les producteurs de lait du Puy-de-Dôme.
Rayons vides et messages explicatifs laissés par les producteurs de lait du Puy-de-Dôme. - © M. Comte et F. Antheaume

La détermination du prix du lait, un enjeu majeur

Depuis 2009, une grille interprofessionnelle de calcul du prix du lait existe (cf Auvergne Agricole pages centrales du 21 novembre dernier). Elle s’appuie sur des indicateurs de marché et vise à calculer un juste prix du lait. Elle est acceptée par l’ensemble des acteurs de la filière. Depuis un an, l’interprofession laitière (CNIEL, CRIEL) a été défaite de sa mission de négociation sur le prix du lait, la charge en étant confiée aux organisations de producteurs. Néanmoins, la grille de calcul a été reprise dans tous les contrats. Aujourd’hui, la profession constate que les prix pratiqués par les laiteries ne respectent pas les indicateurs. On observe des interprétations des indicateurs, une absence de négociation et même dans le cas du groupe Lactalis, un refus d’appliquer la grille et ses indicateurs.

Les enjeux sont de taille pour les producteurs. Les écarts actuellement constatés entre prix théoriques et payés sont d’environ 10€ / 1000L soit l’équivalent d’un mois de revenu pour un exploitant. Le prix de l’année 2014 étant calculé à partir du prix moyen sur 2013, la perte de revenu s’inscrit dans la durée. De plus, ces pratiques créent une distorsion de concurrence avec les producteurs des pays voisins. Par exemple, en Allemagne, le lait a été payé 360€/ 1000L en prix de base sur 2013 soit 25 à 30 € de plus qu’en France.

Ils ont participé à la manifestation. Pourquoi ?

Sébastien Nigon, éleveur laitier à Ambert a fait la route jusqu’à l’hypermarché Auchan Sud à Clermont-Ferrand. «Je suis venu revendiquer un prix du lait décent pour les producteurs de Lactalis. Aujourd’hui, le cours mondial du lait est tiré vers le haut. Seulement, cette grande coopérative nationale ne suit pas le mouvement. Elle met indirectement les petites coopératives locales en danger. Ces dernières s’efforcent de payer aux producteurs le prix du lait suivant l’indicateur. Elles ne pourront pas continuer à ce rythme bien longtemps car elles se feront vite concurrencer.»

 

Sabine Tholoniat, productrice de lait à Thiers, a rejoint le mouvement de protestation. «Je suis venue soutenir les producteurs qui ont des ennuis avec leur collecteur. Lactalis ne paie pas le prix du lait comme il se doit. Pourtant, avec leurs grandes marques, j’imagine qu’ils font de plus en plus de bénéfices. Pour ces grandes entreprises, il est toujours plus facile de justifier la baisse du prix du lait aux producteurs qu’une augmentation du prix auprès du consommateur. Il faut que cela cesse parce que c’est aujourd’hui que nous fixons les règles de l’après quota. Les éleveurs ne pourront pas être concurrentiels s’ils ne sont pas rémunérés à juste titre.»

 

Jean-François Barraud, éleveur laitier à Solignat, a également rejoint le groupe d’agriculteurs manifestants. «Il y en a assez que les industriels tirent le prix du lait vers le bas. Lactalis doit arrêter de baisser le prix du lait au producteur au profit du consommateur. Ils ne font qu’accentuer le mal-être dans la profession laitière. Ils ne sont pas conscients qu’aujourd’hui les éleveurs qui arrêtent de produire du lait ne recommenceront jamais ! Parallèlement, la demande mondiale augmente emportant avec elle le prix du lait. Leurs manipulations sont incompréhensibles»

photos et Propos recueillis par M.Comte

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