L'Auvergne Agricole 25 mars 2010 à 10h58 | Par David Perret

Fdpl du Puy-de-Dôme - La volonté des Hommes pour conserver un avenir laitier

Le 17 mars à Marmilhat, la Fdpl a tenu une Assemblée générale élective avec la participation d’Henri Brichart, Président de la Fnpl.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Patrick Trillon et Pascal Servier ont réaffirmé la nécessité d’une unité syndicale au sein de la Fnsea et de la Fdpl pour peser dans les négociations interprofessionnelles, en présence d’Henri Brichart (au centre).
Patrick Trillon et Pascal Servier ont réaffirmé la nécessité d’une unité syndicale au sein de la Fnsea et de la Fdpl pour peser dans les négociations interprofessionnelles, en présence d’Henri Brichart (au centre). - © DR

Devant ses adhérents, la FDPL du Puy-de-Dôme a fait à nouveau le serment de porter les ambitions laitières du département. « Même si l'avenir ne se profile pas comme les producteurs souhaiteraient l'espérer, il est de notre devoir d'y faire face et de poursuivre un travail sans relâche pour maintenir une production laitière rémunératrice sur notre territoire » ouvre Pascal Servier, président de la Fdpl. Soucieuse de bien représenter l'ensemble de ses adhérents, cette Assemblée Générale était élective (voir liste ci-dessous).

Une année syndicale active

Après une année 2009 « extrêmement compliquée » pour toutes les productions, et en particulier pour les laitiers, Henri Brichart, Président de la Fnpl a réaffirmé le rôle encore plus essentiel du syndicalisme dans les périodes difficiles. « La filière laitière est de moins en moins protégée par les Pouvoirs Publics » rappelle-t-il. Une situation qui oblige les jeunes producteurs à s'impliquer fortement au sein de la Fdpl afin de transmettre les revendications et assurer leur lendemain.
Actions syndicales, réunions de terrain, rencontre du Préfet sur une exploitation, travail sur les fondamentaux de la production, recherche des marges de manœuvre techniques, ... [voir dossier lait semaine précédente] autant de pistes explorées par la Fdpl pour que « le métier d'agriculteur ne soit pas imbuvable et qu'on puisse vivre de notre métier » soutient le président. « Le PAD, l'installation et les plans de développement à partir de quotas gratuits permettent de relever aujourd'hui le pari de la production dans un département jeune où la moyenne d'âge des éleveurs laitiers est de 44 ans ». Patrick Trillon, président de l'Udsea a tenu à rappeler son soutien aux producteurs de lait : « L'Udsea s'est toujours engagée à soutenir les personnes en situation de danger de collecte en particulier. Notre objectif est ne pas perdre un litre de lait et de maintenir un schéma de collecte cohérent avec les attentes du terrain. Les actions syndicales menées, même si leurs résultats ne sont pas toujours à la hauteur de ce qui est espéré, sont néanmoins indispensables pour retrou-ver du poids face à la distribution ou aux entreprises de transformation».
Parmi les autres actions syndicales, Henri Brichart rappelle que la contribution des éleveurs à l'équarissage a été ramenée au minimum de 12 M€ sur une enveloppe de 160 M€ environ.

 

 

Prix du lait différencié selon les régions ?

Christian Agay, administrateur à Bourg-Lastic, craint que « l'on tue la montagne pour faire vivre les autres avec notre quota. On manque de lisibilité ». Faut-il différencier le prix du lait d'une région à l'autre ? « Une vraie question au niveau des exploitations par rapport aux charges » répond Henri Brichart. « Mais une difficulté au regard de la valorisation des produits ». L'Europe, selon lui, apporte une réponse partielle en concentrant les soutiens dans les zones à charges plus importantes pour maintenir une activité économique. Pascal Servier estime que « la CVO sur les fromages AOP, avec 3 millions d'euros sur le département est une clef de départ pour mieux valoriser nos produits. En attendant un résultat plus marqué, c'est une preuve que la volonté des femmes et des hommes peut faire avancer les dossiers. Il ne faut pas négliger les autres 50 % de lait non AOP». Les producteurs s'appuieront aussi sur l'observatoire des prix et des marges, obtenu grâce aux actions de blocage des plates-formes de distribution pour avoir plus de visibilité et plus de transparence.

 

Organisation des producteurs


La puissance publique se désengageant du secteur agricole, la Fnpl travaille à faire face à la volatilité des marchés et à faire évoluer le droit à la concurrence pour que les producteurs puisse se regrouper sans être taxés d’entente illicite. Le président de la Fnpl explique que « désormais, nous rentrons dans une période plus instable, à la sortie de 25 ans de quotas. Il y a eu d’autres périodes d’incertitudes par le passé à l’origine des outils de régulation aujourd’hui hélas démantelés. Pour témoignage, le syndicalisme est apparu après les années 30 pour surmonter des difficultés de même type ».  Selon Pascal Servier, il est difficile d’aller contre l’évolution européenne. Les autres pays européens peuvent s’aligner sur des prix du lait plus faibles qu’en France mais aux dépens de soutiens bancaires plus importants. Henri Brichart note que « les producteurs du Danemark ou des Pays-Bas souffrent en silence de la vision ultra-libérale de leurs pays». 
La LMA doit instituer un nouveau rapport de force entre producteurs et acheteurs. Dans ce cadre, «l’interprofession doit être confortée et se doit d’être un schéma indispensable pour valider et contrôler la contractualisation » considère le Président de l’Udsea. Le principal moyen, selon lui, au sein d’un collège producteur renforcé, de défendre les exploitations du Massif central et de sécuriser leur revenu. 
Le président de la Fnpl conclut que « nous avons besoin de producteurs dans tout le pays, et les plus fragiles aujourd’hui – souvent dans des zones inconvertibles, avec des productions à base d’herbe ou en montagne – peuvent tout autant se donner les moyens d’être les plus compétitifs demain ». Un appel qui demande un vrai engagement économique.

Elus au Conseil d'administration de la Fdpl Puy-de-Dôme

PRA Artense Cézallier Sancy
- Chassard Patrice - Gaec du Bois Joli - St-Diéry
- Guieze Bertrand - Gaec de Saignes - Le Vernet-Ste-Marguerite
- Levet Patrick - Gaec de la Pierre Plantée - Mazoires
- Servier Pascal - Gaec des Arvernes - Le Vernet-Ste-Marguerite

PRA Combrailles
- Joubert David - Gaec Ferme de la Vauzaine - St-Georges-de-Mons
- Legay Florent - Gaec Legay - Manzat
- Murat Sylvain - Gaec de la Champagne - Manzat
- Schiettekatte Sylvain - Gaec de Chaux - St-Gal-sur-Sioule

PRA Dore Bois Noirs
- Meley Mathieu - Gaec Meley - Puy-Guillaume
- Mouchard Jean-Jacques - Paslières
- Tholoniat Monique - Gaec Le Chabriou - Thiers

PRA Dômes Hautes Combrailles
- Agay Christian - Earl Agay - Bourg-Lastic
- Ceyssat Franck - Perpezat
- Monier Cedric - Gaec du Boyer-Monier - Perpezat
- Tournadre Michel - Earl La Ferme de Massagettes - St-Pierre-Roche
- Védrine Yann - Earl de Manuby - St-Julien-Puy-Lavèze

PRA Livradois Forez
- Anglaret Vincent - Gaec de la Limandie - Sauxillanges
- Ayel Jean-Yves - Gaec de l'Etang - Sauvessanges
- Chauve David - Gaec Elevage Chauve - Ambert
- Fayard Aurélien - St-Flour-l'Etang
- Groisne David - Gaec Groisne - Tours-sur-Meymont

PRA Limagne Sud
- Chomette Régis - Gaec du Châtaignier - Busséol
- Renard Denis - Earl de Florat - Vodable

Administrateurs invités :
- Groisne Frédéric - Gaec des Griolles - St-Gervais s/Meymont
- Marret Annie - Marat
- Quatressous Julien - Gaec Quatressous - Medeyrolles

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Auvergne Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui