L'Auvergne Agricole 22 décembre 2011 à 11h57 | Par François d’Alteroche

exportation - Depuis l’Allier, 228 charolais pour le Kazakhstan

Mardi 13 décembre, cinq camions ont emporté 222 génisses et 6 taureaux charolais vers les steppes Kazakh. Autant d’animaux destinés à reconstituer le cheptel allaitant de ce pays.

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La quarantaine a eu lieu dans une stabulation de l’exploitation d’Yvon Laboisse située à quelques kilomètres du siège de Socaviac à Villefranche d’Allier.
La quarantaine a eu lieu dans une stabulation de l’exploitation d’Yvon Laboisse située à quelques kilomètres du siège de Socaviac à Villefranche d’Allier. - © F. D’alteroche

Après le départ de 347 Aubracs pour le Kazakhstan début novembre depuis l’Aveyron, 228 reproducteurs Charolais ont eux aussi pris la direction de ce pays le 13 décembre dernier en partance de l’Allier. Un voyage de 8000 km via l’Allemagne, la Pologne, le Biélorusse et la Russie. Une expédition à mettre au crédit de la société Intergenes dirigée par Laurent Antignac.

Ce dernier s’est appuyé sur Global et Socaviac, deux des principales organisations de producteurs du bassin Charolais pour trouver les 222 génisses correspondant au cahier des charges requis : plus ou moins un an, de 330 à 400 kilos, trois générations d’ascendants connus et second rappel FCO réalisé depuis au moins 60 jours. Tout s’est finalisé les derniers jours d’octobre pour que les animaux puissent être expédiés avant la fin de l’année après la quarantaine réglementaire.

«Nous avons été sollicités début novembre. Nous n’avons donc eu que quelques jours pour trouver la totalité des animaux » explique Raphaël Colas, responsable de l’antenne de Villefranche d’Allier pour Socaviac. Les génisses proviennent d’une cinquantaine d’élevages, principalement de l’Allier, de la Saône et Loire et des zones limitrophes. Réglées aux naisseurs français une moyenne de 1000 euros/tête, elles sont accompagnées de six taureaux de deux ans choisis par Charolais Expansion pour leur bonne prédisposition à des vêlages faciles. « Tous ces animaux partent dans l’élevage Algabas situé à Urdzar dans le nord est du Kazakhstan. Cette exploitation se compose de 13 000 ha dont 3000 de cultures mais il s’agit de surfaces qui n’ont rien de comparable avec ce que l’on peut voir dans le centre de la France» s’empresse de préciser Smagulov Agybai Kusmanovich, Zootechnicien Kazakh qui suit, supervise et conseille pour ce projet Mauletbek Kaliev l’acquéreur de ces animaux. « Je possède déjà des bovins allaitants. Il s’agit d’animaux « Aulecol ». C’est une race synthétique» explique d’ailleurs ce nouvel éleveur de charolais. L’Aulecol a été créé à partir des premiers charolais qui ont été importés par le Kazakhstan dans les années 1960 en les croisant ensuite avec de l’Angus et la tête blanche Kazakh, une race ressemblant fort à la Hereford. Il s’agit d’animaux dont le format est moins important que les charolais français. Les génisses pèsent autour de 400 kg lors de la mise à la reproduction à deux ans et les taureaux adultes avoisinent la tonne.

Smagulov Agybai Kusmanovich, zootechnicien Kazakh et Mauletbek Kaliev, éleveur.
Smagulov Agybai Kusmanovich, zootechnicien Kazakh et Mauletbek Kaliev, éleveur. - © F. D’alteroche

Reconstituer les bases d’un cheptel allaitant

« Les Kazakh ont l’intention d’importer 75 000 génisses d’ici 5 ans pour reconstituer les bases d’un cheptel allaitant et améliorer la génétique de leurs troupeaux. Même si la concurrence est rude avec d’autres pays fournisseurs, les animaux français ont toute leur place. A nous de trouver les animaux adéquats qui donneront satisfaction et inciteront les Kazakh à continuer à travailler avec nous » explique Laurent Antignac. «Au Kazakhstan, la demande a longtemps porté sur des viandes très grasses. L’Angus convenait bien pour celà. Mais la demande tend à se porter sur des carcasses moins couvertes. Les principales races françaises sont mieux adaptées que les races anglo-saxonnes pour répondre à cette évolution de la demande. En développant notre cheptel allaitant, l’un de nos objectifs est aussi de chercher à répondre à la demande croissante de nos grands voisins Russes, mais surtout Chinois. »

Après avoir été hivernées en bâtiment, ces génisses devront ensuite s’accommoder de mai à novembre d’un système très extensif avec un climat sub désertique très continental où il faut tabler sur environ 10 ha pour nourrir un bovin. Ces maigres pâtures ressemblent d’ailleurs davantage aux vastes parcours caillouteux du Larzac qu’aux vertes parcelles bocagères du Bourbonnais ou du Charollais.

C’est d’ailleurs ces conditions

d’élevages bien différentes qui ont incité à opter pour de jeunes animaux. Ces génisses ont un an pour s’habituer aux rudes conditions locales avant d’être mises à la reproduction en mars 2013. « Nous avons pour objectif de faire coïncider au mieux les périodes à fortes disponibilités fourragères avec celles où les animaux ont les plus fortes exigences alimentaires» ajoute Smagulov Agybai Kusmanovich.

Choix a aussi été fait de retenir des animaux qui, une fois adultes, n’extérioriseront pas forcément un format record puisque les animaux à très fort développement sont aussi les plus exigeants pour leur alimentation. « On a aussi fait attention à ne retenir que des bêtes calmes. C’est une première expédition. Il est essentiel d’envoyer là-bas des animaux qui ont un maximum de chances de donner satisfaction. Il en va de la bonne réputation des bovins français, surtout si on veut que ce premier envoi puisse faire tache d’huile » précise Raphaël Colas. A suivre …

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