L'Auvergne Agricole 28 juin 2017 à 08h00 | Par Hélèna Nowakowski

Exclusion de parcelles Natura 2000 du plan d’épandage de boues d’épuration

Site Natura 2000 « Plaine des Varennes » : le comité de pilotage vote une motion d’exclusion de parcelles.

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Une fois traitées, que faire des boues de station
d’épuration ?
Une fois traitées, que faire des boues de station d’épuration ? - © D.Verniet

Le 22 juin dernier, le comité de pilotage du site Natura 2000 « Plaine des Varennes » s’est réuni à Bort-

l’Etang au sujet de l’épandage des boues de station d’épuration sur et aux abords de parcelles classés Natura 2000. Ce plan d’épandage de boues issues de la station d’épuration des Trois Rivières a été autorisé par arrêté préfectoral fin 2014.

Deux élus FNSEA 63 étaient présents aux côtés de la DDT pour défendre la profession et dénoncer ce qui leur semble incohérent face aux élus communaux et aux associations environnementales. En effet, la règlementation Natura 2000 n’interdit pas l’épandage de boues d’épuration et aucune MAEC n’y fait allusion dans son cahier des charges. Pour autant, le Parc du Livradois Forez, structure porteuse de la mise en œuvre du site Natura 2000 ainsi que des MAEC sur la plaine des Varennes, estime que l’épandage de boues nuit aux espèces protégées. Aucune étude d’impact ne va pourtant dans ce sens.

Le Parc remet en cause le sérieux de l’enquête publique. Pourtant les procédures ont été respectées comme l’a précisé la responsable du service environnement de la DDT. Afin d’aller au bout de la démarche, le Parc souhaite même agrandir la zone de protection largement au-delà des parcelles classées considérant que les zones sont « potentiellement » à protéger. « Faut-il aussi y interdire les transports et les activités humaines dans ces zones dites sensibles ? » ont demandé les agriculteurs présents.

David Chaize, membre du bureau de la FNSEA 63, a bien proposé de créer une MAEC compensatrice à l’épandage de boues mais ce n’était pas l’objet.

Force est de constater que le problème va au-delà de l’agricole et s’avère être un véritable problème de société. « Si on n’accepte pas le retour des boues sur nos territoires une fois traitées à la station, qu’en fait-on ? » interroge lucidement le maire de Neuville. Là est toute la question et les agriculteurs se sentent une fois de plus montrés du doigt et stigmatisés. Pour David Chaize, « la profession est une cible facile pour les municipalités composant le comité de pilotage ». Il déplore « une gestion partisane, éloignée du bon sens. Il semble plus facile de créer une règlementation arbitraire et contraignante supplémentaire plutôt que de réfléchir sur le véritable problème de fond que constitue la gestion des déchets humains ». Pour autant, la motion a été votée puisque seuls les élus locaux ont une voix qui compte « démocratiquement».

 

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