L'Auvergne Agricole 07 novembre 2006 à 00h00 | Par M.-C. LEFEBVRE

Élevage - La charte est le socle amont de toutes les démarches qualité

Les 8 et 9 novembre dans l’Eure se tiennent les journées nationales de la « Charte des bonnes pratiques d’élevage ». Née en période de crise ESB, cette charte est toujours d’actualité.

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Aujourd’hui les 2/3 des exploitations sont affiliées à la charte. Lors de la signature et de la validation de la charte chez l’éleveur, les différents postes sont passés au crible. « Ce qui nous permet d’anticiper la conditionnalité plutôt que de la subir » souligne un adhérent.
Aujourd’hui les 2/3 des exploitations sont affiliées à la charte. Lors de la signature et de la validation de la charte chez l’éleveur, les différents postes sont passés au crible. « Ce qui nous permet d’anticiper la conditionnalité plutôt que de la subir » souligne un adhérent. - © DR
Les journées nationales de la charte des bonnes pratiques d’élevage se tiennent cette année à Caen (14) les 8 et 9 novembre. Comptant aujourd’hui 125 000 exploitations engagées dans cette démarche, la charte pilotée par les interprofessions laitière et bovine est devenue une force de démonstration : « Nous sommes nés dans le creuset de la crise ESB » souligne Bernard Malabirade (Fédération nationale bovine) co-président avec Régis Chevallier (Fédération nationale des producteurs de lait). Il ajoute : « Il fallait sécuriser le citoyen sur l’attitude de l’éleveur. Pour le consommateur, ce dernier était presque devenu complice de la situation. Il fallait apporter la preuve de nos bonnes pratiques ». Pour ne plus se laisser noyer par ce que Bernard Malabirade nomme « les déferlantes médiatiques », les professionnels ont donc pris l’initiative. En six ans, la charte a séduit 125 000 éleveurs (lait et viande) : « On compte parmi nos adhérents les deux tiers des éleveurs professionnels ». Avec une prédominance en Bretagne : « 71 % des exploitations laitières adhèrent à la charte ».

Prendre les devants
Le signataire de la charte s’engage à respecter des règles « qui vont sur bien des points au-delà de la conditionnalité des aides PAC ». Il n’empêche : « La nouvelle grille publiée par le ministère est intolérable : nous demandons à ce qu’elle soit plus souple et à ce qu’elle soit remise sur le bureau. On ne peut, par exemple, pénaliser un éleveur parce qu’un seul animal a perdu ses boucles sur l’exploitation ! Avec une rigidité telle, 100 % des éleveurs contrôlés seront à l’amende. Notre charte propose une démarche beaucoup plus pédagogique », protestent de concert les deux co-présidents.
La charte qui consiste à réaliser avec l’éleveur un « audit » de ses pratiques, puis à fixer des objectifs de bonnes pratiques pour deux ans avec un état des lieux à la clé est un proccessus consensuel entre l’éleveur et l’animateur de la charte (contrôleur laitier ou de croissance, technicien de la laiterie…). La démarche permet l’engagement de l’éleveur sur des points précis. « Une démarche un peu moins intégrée et horizontale que l’agriculture raisonnée, mais qui pourrait devenir le socle « élevage » de Farre » précise Bernard Malabirade. C’est d’ailleurs en ce sens que, durant le dernier Space en septembre à Rennes, a été signé un accord avec le Forum de l’agriculture raisonnée.

Lors de la signature d’un manifeste au Space avec Farre : « la suite logique d’un éleveur bien dans sa charte, c’est la qualification agriculture raisonnée ». De gauche à droite : Bernard Malabirade, Bernard Guidez, président de Farre et Régis Chevallier.
Lors de la signature d’un manifeste au Space avec Farre : « la suite logique d’un éleveur bien dans sa charte, c’est la qualification agriculture raisonnée ». De gauche à droite : Bernard Malabirade, Bernard Guidez, président de Farre et Régis Chevallier. - © DR
Un appui efficace
Toujours avec une bonne longueur d’avance, en 2007, la charte des bonnes pratiques d’élevage sera à nouveau révisée, en cohérence avec les pratiques du terrain. La charte, c’est l’assurance pour l’éleveur d’être « dans les clous » par rapport à la réglementation officielle. Car, concrètement, la responsabilité de l’éleveur est de plus en plus renforcée. En résumé, celui-ci doit s’assurer de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, doit fournir la preuve de la maîtrise de la sécurité sanitaire (enregistrement et conservation des documents), doit participer au retrait et/ou au rappel des produits révélés dangereux (traçabilité). « La charte est née dans un contexte de crise alimentaire et serait un atout si de tels événements devaient se reproduire. La charte apporte la preuve d’un bon comportement de l’éleveur, et surtout que ses pratiques s’améliorent de jour en jour. Ce n’est évidemment pas sur une étiquette que l’on peut dire tout cela ! Il faut multiplier les occasions de communiquer comme nous l’avions fait sur le Champ de Mars l’an passé. La charte est là pour s’opposer à toute nouvelle vague éventuelle de dénigrement général », concluent les deux co-présidents.

François Fournier, animateur départemental de la Charte des bonnes pratiques d’élevage
François Fournier, animateur départemental de la Charte des bonnes pratiques d’élevage - © Auvergne Agricole

Il a dit…
«Le bénéfice du regard extérieur»
François Fournier, animateur départemental de la Charte des bonnes pratiques d’élevage
«Près de 2500 exploitations du Puy de Dôme sont adhérentes à la charte des bonnes pratiques : 60 % en élevage laitier et 55% en viande. Le département se situe dans la moyenne régionale d’adhésion et au même niveau que la Haute-Loire. 3/4 des visites se soldent par une adhésion, un résultat qui signifie qu’une grande majorité des exploitations est conforme à la grille d’évaluation de la charte. Pour les autres, ce sont des problèmes de traçabilité (enregistrements, carnet sanitaire, carnet d’épandage, conservation des ordonnances…) et de pratiques (propreté des bâtiments, abords de fermes…) qui empêchent ou suspendent l’adhésion à la charte.
Pour un producteur, la charte des bonnes pratiques est le minimum à respecter, la moitié des 35 points contenus dans la grille d’évaluation étant une reprise de la réglementation existante. La charte repose sur le principe du volontariat. Il n’y a pas, aujourd’hui, de sanction par rapport à l’accès au marché pour un éleveur non «charté». Néanmoins, certaines filières commencent à vouloir se référer à l’appartenance ou non à la charte pour la collecte et la fixation des prix… Il faut donc y penser. Et c’est aussi une opportunité pour l’agriculteur de faire l’état des lieux de son exploitation, de sa façon de travailler et d’identifier les marges de progrès possibles. C’est un regard extérieur positif.”
C.Rolle

Pour tout renseignement :
Animateur départemental Charte des bonnes pratiques d’élevage, Chambre d’Agriculture du Puy-de-Dôme : 04.73.44.45.46

Les visites sont réalisées par des organismes professionnels d’accompagnement et de validation : Chambre d’agriculture, groupements de producteurs, laiteries, contrôle laitier, bovin croissance.

 

En 2005, au cours des journées nationales organisées sur Paris, la charte avait dessiné cette carte de France sous la Tour Eiffel
En 2005, au cours des journées nationales organisées sur Paris, la charte avait dessiné cette carte de France sous la Tour Eiffel - © DR
Communication
En 2005, au cours des journées nationales organisées sur Paris, la charte avait dessiné cette carte de France sous la Tour Eiffel bien reprise par différents supports médiatiques. « Les bons comportements sont peu lisibles sur des étiquettes produits, il faut trouver les bons moyens pour communiquer » précisent les co-présidents.
 
Zoom sur …
Les journées nationales des 8 et 9 novembre à Caen (14)
LES 8 ET 9 NOVEMBRE A CAEN (14) se dérouleront les journées nationales qui permettront d’évoquer les réussites, les freins et les futures évolutions de la charte. En particulier l’avenir de son financement. Trois axes clés y seront développés : une présentation de la charte version 2007 cohérente avec le paquet hygiène et la conditionnalité ; une réflexion prospective sur les transformations des métiers d’éleveurs et l’offre d’information et de conseil pour demain ; la préparation des futurs contrats de projet et les perspectives de financement de la charte. Comment se dessinent-ils ? Quelle place pour la charte ? (point d’avancement des travaux par des représentants de l’office). Enfin, une table ronde sera organisée sur les stratégies qualité et communication des filières agricoles normandes.

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