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Voir ce qu’il y a de mieux… et peut-être acheter

Mercredi 5 octobre, dans le cadre du Sommet, une délégation du Kazakhstan s’est rendue à Saint-Alyre-ès-Montagnes pour « voir et toucher » de la salers.

13 octobre 2011 CJ/PAP Vu 754 fois
Les Kazakhs découvrent la salers chez Maryse et Dominique Bafoil.

Les Kazakhs découvrent la salers chez Maryse et Dominique Bafoil. - © auvergne agricole

Au Sommet de l’élevage, la délégation Kazakh n’est pas venue pour faire du tourisme. Ce groupe de 25 personnes, essentiellement des éleveurs, était là pour investir dans la génétique allaitante française. Enfin, peut-être. Car avant de signer, les Kazakhs demandent à voir. Ils ont vu et ils ont mitraillé avec leurs appareils photo. Tout: les vaches salers bien sûr, leurs veaux, mais aussi les pâtures, les paysages, les bâtiments, le matériel,… Même les éleveurs Maryse et Dominique Bafoil, qui recevaient le mercredi 5 octobre la délégation du Kazakhstan sur leur exploitation, ont dû se plier au rituel photographique. Et répondre aux nombreuses questions, techniques surtout : le nombre de vêlages, le pourcentage de césariennes, le taux de croissance des veaux, le protocole de déclaration des naissances et des saillies, le plan d’accouplement, la gestion des pâturages…

Evidemment, l’organisation de cette visite d’exploitation située à 1h15 de Clermont-Ferrand et à 1300 mètres d’altitude ne doit rien au hasard. L’objectif des professionnels de l’élevage français est de convaincre pour mieux vendre. « En venant à Saint-Alyre, les Kazakhs ont traversé des paysages un peu similaires aux leurs et ils se sont rendus compte que nos animaux s’adaptent à des conditions d’élevage parfois difficiles, relève Francis Manhès, président de l’Association pour la promotion et l’expansion de la race salers. Nous voulons leur prouver que la salers peut se faire une place dans leur pays. »

«Dans un salon, il est difficile de se faire une idée, les Kazakhs pourraient penser que nos animaux bichonnés et cajolés ne sont pas faits pour eux, poursuit Albert Merlet, président de Races de France. Là, en montagne, ils peuvent imaginer nos races dans leurs troupeaux. Nous avons les programmes génétiques, nous le disons et nous voulons le démontrer.»

Imaginer nos races allaitantes au Kazakhstan demande cependant un petit effort tant leurs structures sont différentes des nôtres : si chez nous, une exploitation de taille honorable comme celle des Bafoil compte 88 vaches mères et 170 hectares, au Kazakhstan, on parle de dizaine de milliers d’hectares et de milliers de têtes de bétail. « Ils ont le gigantisme mais tout est à construire et ils ont besoin de tout, intervient Albert Merlet. De semences, d’équipement, et surtout de génétique. C’est un peuple ambitieux qui veut investir dans l’élevage pour devenir autonome et pour exporter de la viande et du lait. »

Retour sur l’exploitation de Dominique et Maryse Bafoil. Alors que le départ est imminent (voilà quand même deux heures que la délégation occupe les lieux), les éleveurs-investisseurs Kazakhs demandent à visiter les bâtiments. L’un d’entre eux parle déjà d’acheter une dizaine de taureaux français pour un centre d’insémination. Un autre confie qu’il va réfléchir. « Je suis intéressé pour essayer de la salers par insémination, rapporte ce propriétaire de 35.000 ha, dont 1 500 ha de terres cultivables. J’ai découvert que la salers est élevée dans des conditions climatiques proches des nôtres, mais elle est plus grande que nos races et je voudrais l’utiliser pour améliorer mon cheptel. Il n’est pas exclu par la suite qu’on achète des génisses… »

 

Plan quinquennal

L’une des rares femmes de la délégation est directrice de Kazagro marketing, une structure rattachée au ministère de l’Agriculture Kazakh et chargée d’accompagner la modernisation des élevages. «Notre gouvernement a mis en place un programme national sur cinq ans pour soutenir la production de bovins viande, explique-t-elle. Dans le cadre de ce plan qui a démarré cette année, nous allons acheter des produits génétiques et aussi des animaux vivants. Je suis en France pour voir ce qu’il y a de mieux et pour communiquer ce que j’ai vu aux éleveurs Kazakhs et aux autorités. »

 

 

 
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