Vendredi 18 mai - Saint Eric L'Auvergne Agricole  »
Vous êtes iciAccueil Bovin viandeExport : 100 % des perdants ne tentent pas leur chance
COLLOQUE

Export : 100 % des perdants ne tentent pas leur chance

Sans surprise, c’est à l’export vers pays tiers qu’était dédié le colloque Interbev 2011.

20 octobre 2011 P. Olivieri Vu 682 fois

Pourtour méditerranéen, Turquie, Egypte, Liban, Kazakhstan, Singapour…: jamais autant de pays n’ont été ouverts au bétail et à la viande français. Des propos qui ne sont pas ceux de responsables de la FNB(1) dont on sait la détermination depuis un an à développer de nouveaux marchés pour contribuer au redressement du prix payé aux éleveurs de bovins viande, mais ceux de Jean-Luc Angot, en charge du volet sanitaire à la DGAL (ministère de l’Agri­culture) et qui voit aujourd’hui dans les nombreux certificats sanitaires décrochés ces derniers mois autant d’opportunités à saisir pour l’élevage français.

 

Des opportunités à exploiter ou une véritable stratégie à mettre en œuvre ?

C’est la question qui était posée par le traditionnel colloque organisé au Sommet de l’élevage par Interbev. Avec un marché domestique qui commence à tousser et un partenaire italien qui pourrait bien aussi prochainement éternuer, pour Bertrand Oudin, cela ne fait aucun doute : les risques sont grands de voir s’essouffler les deux moteurs d’alimentation de la ferme bovine française. Aussi, pour ce directeur du cabinet Blezat consulting, la filière hexagonale n’a pas vraiment le choix : «Le logiciel France doit se réadapter, changer de culture sans renier son ADN et s’engager dans cette diversification de ses débouchés.»

 
La table-ronde était introduite par Dominique Langlois, président d’Interbev.

La table-ronde était introduite par Dominique Langlois, président d’Interbev. - © Auvergne Agricole

L’offensive plutôt que l’immobilisme

Quitte à s’exposer aux risques de volatilité de ces nouveaux marchés, aux aléas géopolitiques, de parité moné­taire ? Quitte aussi à mettre un peu plus d’euros ou dollars sur la table pour s’acquitter de ­tickets d’entrée parfois importants ? Quitte encore à réaliser des efforts de mise en adéquation de son offre à une demande portant aussi sur du milieu de gamme et pas seulement sur des produits de l’élevage allaitant haut de gamme ? Oui, oui et re-oui, répond l’expert qui plaide pour que la filière bovine prenne toute sa part au rééquilibrage de la balance commerciale en ciblant cependant certains marchés.

Un message qui va bien au président de la FNB, Pierre Chevalier, qui, interpellé sur sa politique de maîtrise de la production, a rétorqué que le seul «vrai débat» consiste «à retrouver un équilibre économique pour les éleveurs via l’export et des mesures de sécurisation de la production», sous peine de voir disparaître nombre de vaches allaitantes en France.

Du côté des marchands de bestiaux, l’heure est au pragmatisme, comme l’a exposé le président de la fédération nationale Gérard Poyer: «La Turquie est un mot à la mode, mais il faut plutôt parler de transfert que de nouveau flux», les 3 000 animaux vifs destinés à l’abattage qui partent chaque semaine ces derniers temps depuis Sète remplaçant selon lui les exportations de bovins abattus.  Cela dit, le représentant de la FFCB réaffirme l’engagement des marchands au sein du «Gef» (Groupement export français) ou GIE export qui a tant fait polémique et qui a pour lui vocation à «partager, coordonner, rationaliser», les démarches des différents acteurs et opérateurs pour être plus efficaces et visibles dans les pays tiers.

Seul véritable bémol à cette poussée d’un pack export hors UE : celui de François Thomei d’Assocarni (fédération des abatteurs italiens) : «Que la filière française saisisse l’opportunité d’allers vers de nouveaux marchés plus fertiles ne nous pose pas problème mais si on parle d’une stratégie nouvelle, je suis plus préoccupé». Avec sous-jacente une double inquiétude : sur les prix si ces nouveaux marchés font pression à la hausse et sur le maintien d’un front commun franco-transalpin au sein des négociations de la Pac.

Opportunité ou stratégie, la question apparaît bien celle d’un subtil équilibre à trouver entre un marché frontalier fidèle et cet appel d’air de l’autre côté de la méditerranée.

(1) Fédération nationale bovine

 

 

 
les adresses emails ne sont pas affichées dans les commentaires

Caractères restants - Le HTML n'est PAS accepté

Recopiez le code dans ce champ :
Code de sécurité anti spam charger un nouveau code

J'accepte les conditions d'utilisation *

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Auvergne Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises, qui n'engagent que leurs auteurs.

* = obligatoire !
Vous avez aimé cet article et vous désirez le faire connaître ?
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
Cet article vous a plu ?
Retrouvez, chaque semaine, toute l'information dans votre journal L'Auvergne Agricole
Ne passez plus à côté de l'info : » Abonnez-vous

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 - Groupe Reussir L'Auvergne Agricole.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.

 
 

Les vidéos

  • Chemin de fer
  • Mais des pluis inégales selon les régions - Interview de Cyrille Duchesne, Météorologue Météo Consult
  • AREFA : le métier d'agent d'élevage porcin
  • Leçon de conduite en vidéo
Plus de vidéos

Recherche par mots-clés

Les articles les plus...