L'Auvergne Agricole 02 juin 2010 à 11h20 | Par C.Rolle

EDE 63 - Un groupe lait pour ne pas rester isolé et avancer ensemble

Echanger, comparer, s’inspirer des méthodes de travail des collègues sont les objectifs du groupe lait des Combrailles, conduit par le contrôle laitier du Puy-de-Dôme.

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Pour Emilien Pelissier, l’efficacité du groupe lait des Combrailles tient à l’acceptation des producteurs de se remettre en question de façon permanente
Pour Emilien Pelissier, l’efficacité du groupe lait des Combrailles tient à l’acceptation des producteurs de se remettre en question de façon permanente - © DR

Depuis maintenant quatre ans, une quinzaine de producteurs de lait travaillent ensemble sous l'impulsion du Contrôle laitier, en partenariat avec le CEGA Puy de Dôme -Avenir et la Chambre départementale d'agriculture. Emilien Pelissier, technicien lait dans la zone des Combrailles, accompagne et suit ce groupe d'éleveurs qui accueille chaque an-née de nouveaux membres, no-tamment des jeunes. « L'objectif prioritaire de ce groupe lait est de permettre aux éleveurs d'échanger sur leurs pratiques, de les mettre en commun et, pourquoi pas, de s'inspirer des expériences des autres. Rien n'est imposé, on travaille en fonction des attentes des producteurs ». Le groupe appuie sa démarche sur la base d'éléments techniques collectés par le technicien sur chaque exploitation et analysés. Les informations ainsi recensées sont tirées du Bilan technique du troupeau laitier (BTTL), des chiffres comptables, de l'évolution de la production départementale, de la conduite alimentaire du troupeau, des quantités d'engrais pour la fertilisation, de l'insémination etc... «Tout ce qui touche à la conduite de l'élevage constitue un élément d'information pour le groupe » explique Emilien Pelissier. Une fois analysés, les résultats sont alors présentés de manière anonyme au groupe lait. Ils servent de support aux travaux des éleveurs. « C'est à partir de ces résultats que l'échange se construit entre les jeunes et les anciens. Ils commentent et comparent les conduites d'élevages et émettent des thèmes sur lesquels ils souhaitent travailler en lien avec les techniciens. Les questions qui reviennent régulièrement portent sur la qualité du lait, l'hygiène de la traite, les bâtiments, l'alimentation, la ration... soit tout ce qui permet d'agir sur les charges d'exploitation. L'objectif des éleveurs est en fait de trouver le bon équilibre sans détériorer les troupeaux».
En règle générale, un suivi individuel s'installe derrière l'action et les résultats du groupe. «Les producteurs qui acceptent d'entrer dans la démarche groupe sont des gens volontaires qui se remettent en question en permanence. Ils acceptent de parler de leurs méthodes de travail tout en cherchant à connaître « d'autres ficelles du métier ». L'échange intergénérationnel est par exemple très apprécié par les jeunes ». Le technicien du contrôle laitier se félicite d'avoir affaire à un «groupe qui vit !» ; un groupe qui « ne travaille pas pour rien » et qui chaque année soulève et traite « un thème essentiel à l'élevage laitier ».

 

Il témoigne...

Cédric Berger est installé depuis 5 ans en Gaec (260.000 litres de quota, 45 laitières Prim'Holstein et Montbéliardes). Il a intégré le groupe lait des Combrailles il y a deux ans sur les conseils du technicien du contrôle laitier du Puy-de-Dôme.
« J'avais un bâtiment aire paillée et caillebotis, et je rencontrais beaucoup de problèmes de manipulation. En entrant dans le groupe, je me suis aperçu que par rapport aux autres je n'étais pas bon d'un point de vue vétérinaire et sur la question du prix du lait. Je mes suis alors remis en question : j'ai supprimé l'aire paillée, mis en place des logettes et investi dans un DAC. Il m'a fallu deux ans pour faire ces changements. Mais aujourd'hui je vois la différence et d'ici 2011 je devrais être en vitesse de croisière ». Cédric reconnaît tout le bénéfice du groupe. « C'est grâce aux échanges avec les collègues que je me suis rendu compte que j'avais des marges de manœuvre pour améliorer mes résultats. Et le contact avec des anciens est aussi très bénéfique. Ils connaissent le métier, on peut discuter de tout et ils vous donnent des conseils. Ce fut le cas pour moi. Sachant que j'avais beaucoup de mal à optimiser la distribution de l'aliment, un éleveur proche de la retraite m'a conseillé d'investir dans un DAC, et j'en suis très satisfait aujourd'hui».

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