Région d’Ennezat
Les conséquences des terres «redevenues » marécageuses
De nombreux agriculteurs sont victimes des inondations dues aux orages du 4 juin dernier.
04 juillet 2007 David Perret Vu 1552 fois
Les plants de betteraves étaient magnifiques jusqu’à début juin. Ils souffrent aujourd’hui de l’asphyxie causée par l’eau stagnante et les racines pourrissent ! - © Auvergne Agricole
100 à 130 millimètres d’eau sont tombées en 45 minutes sur une région qui s’étend du nord d’Ennezat au sud de Chappes et de St-Beauzire à St-Laure en passant par Entraigues et le canton de Riom. C’est l’équivalent de 20% de la pluviométrie annuelle sur ce secteur qui a été apporté par un seul orage violent. Quelles sont aujourd’hui les conséquences sur les cultures et pour les exploitants ?
Premier constat
Il reste de l’eau dans les parcelles. En effet, les fossés, comblés par des éboulements de terrain, évacuent encore mal l’eau contenues dans les champs. Gilles Berthonnèche, agriculteur dans le marais d’Ennezat nous fait visiter ses champs de betteraves. L’odeur de pourriture molle témoigne de l’état des racines : en confiture, liquéfiées ! «J’ai perdu 2,5 ha de betteraves et 4 autres ha ne sont pas certains de voir la fin de la campagne. C’est un manque à gagner de 4000 euros sans compter les charges opérationnelles» dit-il contrarié.
Christophe Cautier, agriculteur à St-Beauzire, déplore la noyade des plants de pomme de terre depuis plus de 15 jours. «Les tubercules pourrissent dans la vase et on ne peut rien faire techniquement pour les rattraper». Les maïs de consommation et de semences sont aussi touchés : «Beaucoup de plants sont asphyxiés et dépérissent dans les fonds de parcelles. Pour les autres, l’hétérogénéité de croissance est observée, d’autant plus importante qu’une croûte de battance, atypique pour nos sols, s’est formée».
Joël Arnaud, agriculteur à Ménétrol, précise que «les céréaliers touchés attendent beaucoup des conditions climatiques afin qu’elles soient favorables pour récolter les blés versés».
Les producteurs de tabac sont également touchés par la stagnation de l’eau dans leurs parcelles. Olivier Chambon, technicien à Périgord Tabac, précise que «les plants jaunissent et les racines ont du mal à tenir. Cet orage a eu lieu au moment le plus critique de la culture, le stade de la reprise. On comptabilise une dizaine d’hectares en difficulté, en particulier dans les anciens marécages sur la commune de St-Laure, une des plus importantes en surfaces de tabac. Nous avons aussi des craintes dues au ravinement des parcelles et au contact des herbicides des cultures voisines».
Pour conclure le constat, Michel Cautier, président du syndicat communal de Chappes s’interroge sur l’entretien des berges. «Le mauvais entretien des berges des ruisseaux et des rivières et le manque de curage des fossés laissent la végétation se développer de façon anarchique et freiner ainsi le bon écoulement de l’eau. Les dégâts causés par les rats musqués et les ragondins ne sont pas anodins non plus.»

Les oiseaux trouvent refuge dans ce nouveau marais de Limagne. Les maïs quant à eux sont durement soumis à ces conditions inhabituelles. - © Auvergne Agricole
Quelles conséquences sur le revenu ?
Les conséquences sont certainement néfastes pour le revenu des exploitants de cette zone.
L’UDSEA a pris contact avec l’administration pour trouver des solutions sur les communes concernées, à défaut de ne pas pouvoir enclencher la procédure calamité agricole au vu des seuils réévalués depuis la parution d’un décret modificateur le 24 avril dernier.
En effet, la procédure calamité agricole est applicable lorsque la perte représente plus de 42 % pour les cultures aidées PAC et 13 % du produit brut d’exploitation
Les conséquences sont certainement néfastes pour le revenu des exploitants de cette zone.
L’UDSEA a pris contact avec l’administration pour trouver des solutions sur les communes concernées, à défaut de ne pas pouvoir enclencher la procédure calamité agricole au vu des seuils réévalués depuis la parution d’un décret modificateur le 24 avril dernier.
En effet, la procédure calamité agricole est applicable lorsque la perte représente plus de 42 % pour les cultures aidées PAC et 13 % du produit brut d’exploitation
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