L'Auvergne Agricole 10 septembre 2014 à 08h00 | Par Propos recueillis par S. Chatenet-Giraud

Des outils pour mieux évaluer le bien-être animal

Chercheurs, industriels, représentants associatifs, institutionnels venus de toute la planète se sont réunis à Clermont-Ferrand pour échanger sur les moyens de mesurer au mieux le bien-être animal.

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Isabelle Veissier a coordonné avec Luc Mounier, l’organisation du congrès sur l’évaluation du bien-être animal.
Isabelle Veissier a coordonné avec Luc Mounier, l’organisation du congrès sur l’évaluation du bien-être animal. - © Sophie Chatenet-Giraud

Directrice de l’unité mixte de recherche sur les herbivores à l’INRA de Clermont-Ferrand-Theix, Isabelle Veissier revient sur les enjeux de la conférence «WALF2014».

 

Quel est l’objectif du congrès ?

Isabelle Veissier : La conférence internationale sur l’évaluation du bien-être des animaux en ferme ou en groupe a lieu tous les trois ans sur deux jours et demi. L’édition 2014 organisée à Clermont-Ferrand est la sixième du genre. Elle a réuni 350 personnes venues de 37 pays de tous les continents. Ces participants venaient d’horizons très différents : recherche académique, instituts de recherche et de développement, industriels, association, institutionnels… Cette diversité permet un échange de points de vue et d’expertise riche sur une question, le bien-être animal, qui est de plus en plus prise en compte. Pour améliorer concrètement le bien-être des animaux dans les élevages, il faut être capable de l’évaluer. Et pour cela, il est nécessaire de développer des indicateurs et des méthodes d’évaluation fiables et facilement réalisables sur le terrain. C’est pour échanger sur l’ensemble de ces données techniques qu’un congrès international est nécessaire.

 

Comment se positionne la France sur la thématique du bien-être animal. Y-a-t-il des pays qui sont plus avancés sur le sujet ?

I.V. : Globalement, l’Europe dans son ensemble effectue beaucoup de recherches sur le sujet. La France fait partie des leaders avec le Royaume-Uni et les pays du nord.

 

La prise en compte du bien-être des animaux est-elle désormais perçue par les éleveurs moins comme une contrainte mais plus comme un vecteur d’amélioration des performances économiques de l’élevage ?

I.V. : Il est évident que la performance de l’élevage est évidemment en jeu derrière le bien-être animal. Nous avons constaté une évolution positive des pratiques liées à la fois à une prise de conscience et à la règlementation. Les éleveurs travaillent tous les jours avec leurs animaux et ils ont à cœur que les choses se passent bien dans l’intérêt de tous.

 

Qu’en est-il du côté des abattoirs ?

I.V. : Dans les abattoirs, on note aussi une évolution relativement positive depuis ces dernières années. Depuis le 1er janvier 2013, chaque abattoir doit désormais désigner un responsable du bien-être des animaux, qui est garant de la bonne application des mesures relatives au bien-être. Cela ne remplace pas l’inspection officielle et une dérogation est prévue pour les petits établissements. Cette modification récente a changé l’organisation dans certains abattoirs et permis de requalifier le travail des employés.

 

Comment devrait évoluer la réglementation européenne ?

I.V. : En matière de bien-être animal, on se dirige vers un mix entre des moyens minimum requis et des objectifs de résultats sur animaux(1). Dans les textes communautaires comme dans ceux de l’organisation mondiale de la santé animale, qui sont actuellement en discussion, on sent un mouvement vers les obligations de résultats.

 

 

(1) Aujourd’hui, la règlementation s’appuie sur une obligation de moyens, en exigeant, par exemple, une surface minimale par animal.

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