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L'Auvergne Agricole 12 février 2020 à 15h00 | Par Mélodie Comte

« Derrière chaque installation/transmission il y a de l’humain »

La pression foncière et les relations humaines sont majoritairement les deux points limitant la transmission et l’installation en agriculture.

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De gauche à droite : Les élus Chambre d’agriculture, Marion Vedel, Baptiste Arnaud et Denis Guérin ont rappelé que derrière les chiffres de l’installation, des hommes et des femmes portent des projets d’avenir.
De gauche à droite : Les élus Chambre d’agriculture, Marion Vedel, Baptiste Arnaud et Denis Guérin ont rappelé que derrière les chiffres de l’installation, des hommes et des femmes portent des projets d’avenir. - © M.C.

Le Comité d’Orientation Transmission et Installation (COTI) de la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme a dressé un premier bilan des installations dans le département en ce début d’année 2020. Elus, conseillers, acteurs agricoles et du territoire (interprofession, syndicats, Conseil départe- mental…) étaient invités à prendre connaissance et à débattre de ces récents chiffres.

Des projets divers et nombreux

Le Point Info Installation, géré depuis 2015 par la Chambre d’agriculture, révèle ainsi que sur les 257 porteurs de projets reçus en 2019, 63% sont hors-cadre familial, 54% occupent actuellement un emploi salarié et 23% sont en recherche d’emploi. « L’objectif pour beaucoup d’entre eux, notamment ceux en reconversion professionnelle, est d’atteindre le mieux vivre » souligne Andrée Tisserand en charge du Point Info Installation. Les productions phares sont dans cet ordre : l’élevage bovin allaitant, bovin laitier, le maraîchage, les grandes cultures, l’élevage équin, caprin et ovin. Mais les projets d’installation ne se limitent pas à ces seules filières. « La liste est longue et très diversifiée avec des projets de houblons, de vigne, de spiruline… ».

Les projets d’installation évoluent et semblent faire la part belle aux circuits courts. Néanmoins, certaines filières sont en attente de voir davantage de projets plus classiques aboutir, à l’image de l’Interprofession du Saint-nectaire. « Nos usines de transformation commencent à manquer de lait parce que les jeunes qui s’installent aujourd’hui veulent fabriquer leurs propres formages. Ce problème de transmission dépend de nombreux facteurs (fonciers, répartition des terres…). Mais force est de constater qu’aujourd’hui nous ne pouvons plus compter seulement sur le modèle familial pour pérenniser notre filière » explique Didier Bonhomme, représentant de l’ISN.

Les élus de la Chambre d’agriculture constatent eux aussi la forte évolution des projets à l’installation. « Tous les modèles sont complémentaires, nous devons veiller à ne pas les opposer. Nous devons aussi maintenir certaines filières » ajoute Baptiste Arnaud.

- © Comité d'Orientation Transmission Installation

Disparités entre générations

Le Répertoire Départ/Installation (RDI)- catalogue d’exploitations à reprendre- propose 58 offres actives de cédants et de recherche d’associés, et 123 candidats à la reprise y sont inscrits. Néanmoins, seulement 43 mises en relation accompagnées ont été réalisées en 2019. Elles ont donné lieu à la réalisation de 24 « stages test » d’un an et 15 installations. Pour Lionel Genestier, conseiller en transmission « les cédants ont trop souvent le souhait de transmettre leur exploitation dans l’état sans prendre en compte les attentes ou les envies du repreneur ». Quant aux recherches d’associés au sein des Gaec « la dimension familiale de l’entreprise fait souvent peur ».

Le lien étroit entre agriculture et famille persiste en effet dans les exploitations et apparaît aujourd’hui comme un frein au renouvellement des générations.

Selon Marion Vedel, élue Chambre d’agriculture, l’incompréhension entre les jeunes et les anciens atteint même son paroxysme. « Les jeunes veulent du temps libre, une vie sociale et un revenu décent. Malheureusement, certaines générations ne sont pas habituées à entendre ce discours. Par conséquent, la place que doit prendre un jeune dans une exploitation est parfois difficile. » Assurer l’avenir de l’agriculture c’est aussi assurer l’avenir de ceux qui la font. Alors loin de se contenter «des meilleurs chiffres à l’installation de la région », le mot d’ordre pour Baptiste Arnaud est de voir s’ancrer « des installations viables et vivables » car derrière «chaque installation/ transmission il y a de l’humain avec un passif et un avenir ».

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