L'Auvergne Agricole 18 avril 2013 à 10h57 | Par Mélodie Brut

Débouché - Agrilocal63 poursuit son petit bonhomme de chemin

Lors du dernier Sommet de l’élevage, le Conseil général du Puy-de-Dôme a lancé son nouveau dispositif, Agrilocal63 où producteurs et acheteurs sont en contact direct.

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Le 10 avril dernier, la Sarl Côte à Côte a ouvert ses portes à ses nouveaux acheteurs de la restauration collective. Jean-Claude Fournier (à gauche) a longuement félicité Marc Viguié (au centre) et Olivier Laurençon (à droite) pour la construction de leur société.
Le 10 avril dernier, la Sarl Côte à Côte a ouvert ses portes à ses nouveaux acheteurs de la restauration collective. Jean-Claude Fournier (à gauche) a longuement félicité Marc Viguié (au centre) et Olivier Laurençon (à droite) pour la construction de leur société. - © Mélodie Brut

Lors du dernier Sommet de l’élevage, le Conseil général a annoncé le lancement du site internet Agrilocal63.fr. Cet outil de commandes publiques permet aux gestionnaires de la restauration collective et aux producteurs d’entrer en contact. Les premiers peuvent ainsi s’approvisionner localement et les se-conds s’engager sur de nouveaux débouchés à la demande forte. Initié en partenariat avec le Conseil général de la Drôme, le département du Puy-de-Dôme affiche ainsi sa volonté d’encourager l’approvisionnement local des cantines publiques et privées. Après plusieurs mois de fonctionnement, ils sont une centaine de producteurs puydômois à avoir rejoint la démarche et une trentaine de gestionnaires à avoir effectué un premier achat.

 

Parole d’éleveurs

La Sarl Côte à Côte à Davayat a intégré le dispositif Agrilocal63 depuis janvier. Les deux agriculteurs Olivier Laurençon et Marc Viguié, respectivement producteurs de porcs et éleveur de Charolaises, se sont réunis il y a 5 ans au moment de leur installation. Tous les deux avaient un projet de vente directe. Ensemble, ils ont donc monté la société et construit en commun un laboratoire, tout en conservant leurs exploitations respectives. Désormais, le porc d’Olivier Laurençon approvisionne les cantines. « Le Conseil général et la Chambre d’agriculture nous ont parlé d’Agrilocal63. Au départ, je n’étais pas convaincu de la fonctionnalité du système. Je craignais que les délais de réponse et de livraison ne soient trop courts. Je devais également revoir les portions de certains produits comme les saucisses. Néanmoins, je me suis lancé et me suis adapté à la demande.» Pour l’heure, son associé Marc Viguié n’a pas encore proposé sa viande de bœuf. Ce produit, explique-t-il, est plus complexe à travailler. « Découper un bœuf demande beaucoup de temps et de technique surtout pour avoir des morceaux homogènes. Avant d’adhérer à Agrilocal63, je dois d’abord évaluer le temps de travail supplémentaire que cela demande.»

Revenir à la réalité

Le ministère de l’Agriculture a récemment fait savoir qu’il apporterait son soutien aux Conseils généraux désireux de s’approprier cet outil. Jean-Claude Fournier, vice-président du Conseil général chargé de l’agriculture ne cache pas son enthousiasme. «Nous tenons à conserver du dynamisme dans nos territoires ruraux et la production de produits fermiers participe à cela. Les gestionnaires de la restauration collective avaient une volonté d’approvisionnement local. Seulement, ils ignoraient où trouver les producteurs. Agrilocal63 est un outil de pérennisation de la filière agricole mais aussi d’échange et surtout de rééducation. Lors des réunions de sections, nous avons dû informer les restaurateurs de la saisonnalité de certains produits. Il en va de même pour les producteurs à qui il a fallu donner des informations quant aux portions. Aujourd’hui, nous sommes très satisfaits de l’enracinement progressif d’Agrilocal63 dans le territoire et de démontrer que les producteurs fermiers sont souvent plus compétitifs que de gros fournisseurs.» Mission remplie donc pour le Conseil général qui ne compte pas en rester là. En effet, la plateforme d’échange a également eu comme bénéfice de mettre en lumière les zones puydômoises où l’agriculture faiblit. Un constat que le vice-président a l’intention, affirme-t-il, d’utiliser afin de soutenir d’avantage l’installation des jeunes.

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