L'Auvergne Agricole 12 mars 2014 à 14h00 | Par propos recueillis par F.Antheaume

David Chauve, Président de la FDPL 63 - «Un accord qui demande confirmation...»

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- © Auvergne Agricole

Comment se présente la conjoncture laitière actuellement ?

Depuis plus de 6 mois, la conjoncture est très favorable sur les marchés mondiaux, mais les producteurs français n’en tirent pas les pleins bénéfices. A cela deux raisons majeures : notre marché intérieur qui fonctionne toujours aussi mal, et des entreprises qui ne se positionnent pas franchement sur les produits industriels exports, peut être par manque d'ambition. Cette situation représente un manque à gagner important, d'abord pour les producteurs, mais aussi pour l'ensemble de la filière. Même si des avancées semblent se dessiner, il est inacceptable que l’aval de la filière (transformateurs et distributeurs) attende d’être au pied du mur pour faire bouger les lignes. En agissant de la sorte, la filière est en danger, à se demander si tous les acteurs en ont conscience.

Dans un monde fluctuant (pas de prix garanti, plus de quota), la compétitivité est une condition sine qua non pour se projeter vers l'avenir. Comment imaginer alors, un avenir à la filière française, sans donner au premier maillon de la chaine les moyens de se reconstituer une trésorerie digne de ce nom, lorsque les tendances sont bonnes ? Un regard général sur la filière est aujourd'hui vital !

 

Fin février, les producteurs, via la Fnpl (1), se sont invités dans les négociations commerciales entre les entreprises et la grande distribution. Ces négociations se sont clôturées le 28, que faut-il en retenir ? En quoi sont-elles importantes ?

Ces négociations ont lieu tous les ans. Elles fixent pour l’année les prix pratiqués entre distributeurs et transformateurs. L’enjeu est donc de taille : c’est à cette occasion que se dessinent les cours du marché intérieur de l’année. Or pour nos entreprises laitières, le marché intérieur est une source de débouchés majeurs. Ainsi, selon le résultat des négociations avec la distribution dont elles sont les fournisseurs, nos entreprises ont plus ou moins de marge de manœuvre pour rémunérer le lait aux producteurs.

En 2014, pour la première fois, les producteurs, via la Fnpl, se sont invités dans les négociations pour s’assurer que les transformateurs laitiers réclamaient bien des hausses de tarifs qui permettent une juste rémunération du lait aux éleveurs, et que la grande distribution prenne en compte les acquis de la médiation de 2013 comme base de négociation, et ce avec la plus grande transparence. Des avancées encourageantes ont été obtenues cette année : une hausse a enfin été acceptée. Mais il est encore trop tôt pour dire si celle-ci suffira pour rémunérer le lait à sa juste valeur, c’est-à-dire au prix calculé avec les indicateurs.

 

Les producteurs peuvent-ils espérer bénéficier d’une hausse du prix de leur lait ? Comment ?

Il faut que la hausse obtenue par les entreprises auprès de la distribution se transforme des aujourd'hui en une hausse du prix au producteur. Cette nouvelle négociation revient donc aux producteurs, au travers de leur Organisation de Producteurs (OP) ou conseil d'administration pour les coopératives. C’est eux qui peuvent et qui doivent influer sur la décision finale : l’application des indicateurs permettant un prix moyen annuel 2014 de l'ordre de 365 à 380 euros/1000L. Il n’y a désormais plus aucune raison objective valable de ne pas respecter les contrats.

«L'essai» reste à transformer et les producteurs ont un rôle important à jouer. Nous entrons dans une nouvelle ère, il est donc indispensable que chacun, à son niveau, en prenne conscience !!!

Propos recueillis par F.Antheaume

(1) Fédération nationale des producteurs de lait.

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