L'Auvergne Agricole 25 avril 2013 à 10h27 | Par Sophie Giraud-Chatenet

Covido Bovicoop - Construire de nouvelles stratégies, mais pas tout seul

La coopérative Covido-Bovicoop a connu une année 2012 difficile. Pour rebondir, la structure regarde sérieusement du côté de l’engraissement.

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En 2012, la coopérative a enregistré 28 nouvelles adhésions sur les trois départements du Puy-de-Dôme, de l’Allier et de la Creuse.
En 2012, la coopérative a enregistré 28 nouvelles adhésions sur les trois départements du Puy-de-Dôme, de l’Allier et de la Creuse. - © Sophie Giraud-Chatenet

L’élevage est en souffrance. La récente manifestation du 12 avril, conduite par le réseau FNSEA-JA aux quatre coins du territoire, a multiplié les preuves du sentiment de désœuvrement des éleveurs. Alors certes, les prix se sont redressés depuis plusieurs mois, mais difficile de percevoir l’amélioration des résultats économiques, quand cette hausse est instantanément grignotée voire entièrement absorbée par des charges toujours plus lourdes en matières premières, en énergie…

Du côté des outils, les difficultés apparaissent comme grandissantes. Les responsables de la coopérative Covido-Bovicoop, réunis, vendredi dernier, en assemblée générale, à Champs, dans le Puy-de-Dôme, en savent quelque chose. 2012 restera une année compliquée pour plusieurs raisons, comme l’a rappelé le président, Jean-Luc Desnoyer : «Avec d’une part, une baisse importante de la production qui n’est pas sans conséquence sur l’approvisionnement des outils, et d’autre part, une répercussion des hausses tarifaires toujours difficiles à imposer à nos clients. Ajoutez à cela un marché à l’export sur l’Italie en forte diminution du fait d’une conjoncture économique très dégradée dans ce pays, des garanties de paiement réduites voire inexistantes chez de plus en plus de clients, une exportation vers les pays tiers de plus en plus aléatoire qui fluctue au gré des marchés mondiaux et des évènements géopolitiques». Difficile de rester optimiste dans un tel contexte.

Jean-Luc Desnoyer : « Notre engagement dans la filière bovine doit nous permettre d’être encore plus présents dans les interprofessions régionales ».
Jean-Luc Desnoyer : « Notre engagement dans la filière bovine doit nous permettre d’être encore plus présents dans les interprofessions régionales ». - © Sophie Giraud-Chatenet

Engraissement

Pour autant, la coopérative, fort de résultats malgré tout, satisfaisants, veut croire encore en l’avenir. Un avenir qui selon elle, passera par le développement de l’engraissement sur le territoire.

«Nous avons des atouts avec de nouvelles opportunités concernant les bâtiments photovoltaïques, des possibilités de financement des animaux mis à l’engraissement par le fonds national pour l’élevage, et surtout des contrats avec garantie des coûts de production au niveau de notre groupe Sicarev», a expliqué Jean-Luc Desnoyer, qui déplore cependant la suppression arbitraire de l’enveloppe de 8 millions d’euros promise par l’Etat en 2012 destinée à l’engraissement(1).

Parallèlement, Covido-Bovicoop souhaite maintenir et renforcer le cap de l’exportation au sein de Deltagro Union, entité dédiée à l’export, créée à l’initiative de Sicarev. En juillet 2012, le groupe cantalien Altitude et le groupe Synergie œuvrant dans le Sud-Ouest ont rejoint Deltagro Union. Avec 190 000 animaux commercialisés, la structure a consolidé sa place de leader en exportation d’animaux vivants. De nouvelles négociations sont en cours avec des structures du bassin limousin. «Il est impératif que nous sachions créer une structure coopérative d’exportation d’envergure nationale. C’est une obligation si nous voulons avoir une offre suffisante pour intéresser nos clients étrangers solvables et pouvoir exporter en direct sur les pays tiers par bateaux complets», a insisté le président de Covido. La coopérative représente actuellement la moitié de l’activité maigre du groupe Sicarev.

 

Le distributeur doit s’engager

Sur le volet contractualisation, les choses continuent d’avancer. Pour faire face à la baisse et surtout à la saisonnalité de la production, Covido a développé des contrats de production avec garantie de prix. Néanmoins, «les risques financiers nous obligent à contingenter ce type de contrats», a souligné Jean-Luc Desnoyer, qui estime que «les structures économiques et d’abattage ne peuvent supporter seules ces risques ». Et d’appeler encore une fois à une répercussion effective des coûts de production sur le produit final, engageant le distributeur. «Même si nous voyons ici ou là quelques essais avec certains distributeurs en mal de communication, cela concerne toujours des volumes d’animaux très limités». Moralité, il est urgent de revoir la LME et de s’assurer de sa mise en place réelle.

 

(1) Dans le cadre du plan national de soutien à l’élevage, 40 millions d’euros viennent d’être affectés à de nouvelles aides animales couplées en 2013 pour les récents investisseurs et récents installés. Parmi ces 40 millions d’euros, 8 seront destinés à l’engraissement de jeunes bovins (60 euros par animal avec plafonnement). Les dossiers sont à déposer dans les DDT avant le 15 mai 2013.

En chiffres

 

Avec 52 394 animaux commercialisés sur l’année 2012, Covido-Bovicoop a enregistré une diminution d’activité avec -5,3% d’animaux commercialisés, après avoir connu en 2011, une augmentation record de 15%. Cette diminution d’activité a été moins prononcée en animaux viande (-5%), qu’en animaux maigres (-6%) ; quant à l’activité «veaux de huit jours», elle est restée globalement stable.

En 2012, Covido-Bovicoop affiche un chiffre d’affaires de 60 743 441 euros, en progression de 5% malgré une baisse d’activité de 5%, qui s’explique par une forte progression des cours.

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