L'Auvergne Agricole 23 mai 2007 à 00h00 | Par Thierry Michel

COPA - L’OMC et l’après 2013 préoccupent la nouvelle équipe du COPA

Jean-Michel Lemétayer, son nouveau président, a décrit, à Bruxelles, le programme de travail de l’organisation en fonction de plusieurs grands chantiers à traiter.

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Jean-Michel Lemétayer, nouveau président du COPA, veut mobiliser tous les moyens du syndicalisme agricole pour faire respecter les exploitants agricoles.
Jean-Michel Lemétayer, nouveau président du COPA, veut mobiliser tous les moyens du syndicalisme agricole pour faire respecter les exploitants agricoles. - © NC
Début de mandat chargé pour Jean Michel Lemétayer, tout nouveau président du Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne (Copa). Mercredi 16 mai, c’est avec cette nouvelle casquette qu’il rencontrait la presse européenne, au siège du Copa à Bruxelles. Le même après midi, il avait rendez-vous avec Jean Claude Thebault, chef de cabinet adjoint et conseiller pour l’agriculture de Jose-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne. Enfin, de retour à Paris, il recoiffait sa casquette de dirigeant de la FNSEA pour un entretien avec Nicolas Sarkozy, le tout nouveau Président de la République française.

Nouveau bureau

Le nouveau président du Copa, élu pour la période 2007-2009, a donc profité de sa première rencontre avec la presse européenne pour présenter les six nouveaux vice-présidents et responsables de groupe de travail ainsi que les enjeux de la nouvelle présidence du Copa. Jean-Michel Lemétayer suivra particulièrement les thèmes de la PAC dans la perspective de l’après 2013 et les négociations à l’OMC. Le Finlandais Michaël Hornborg (41 ans) s’occupera de la trésorerie et dirigera le groupe de travail consacré à la sécurité sanitaire et au bien-être animal. Le Britannique Peter Kendall (46 ans, exploitant en polyculture) conduira le groupe de travail sur l’environnement et le développement des biotechnologies. Le Chypriote Kyriakos Kyriakou (43 ans, producteur d’huile d’olive, de citrons et de céréales) pilotera les relations Nord-Sud et les productions méditerranéennes. L’Italien Giuseppe Politi (57 ans, producteur de fruits et légumes et tourisme agricole) gérera les relations avec la Fédération internationale des producteurs agricoles (Fipa) et le développement rural. Outre son titre de premier vice-président, l’Allemand Gerd Sonnleitner (58 ans) aura en charge les questions de production et du bilan de santé de la PAC. Enfin, le Tchèque Jan Veleba (59 ans, deuxième vice-président du Copa et éleveur de porcs) chapeautera les dossiers relatifs à l’élargissement.


 

Les chantiers à venir
C’est à partir de cette question de l’élargissement que Jean-Michel Lemétayer a situé les nouveaux enjeux de l’action du Copa. « C’est un défi interne à relever. Avec l’élargissement, nous devons faire en sorte qu’aussi nombreux que l’on soit, nous arrivions, le plus possible, à des positions communes pour que le Copa se fasse mieux entendre par ceux qui nous gouvernent sur les décisions qui engagent notre avenir » a-t-il déclaré avant de poursuivre : « Je suis convaincu que si on veut être entendu et respecter vis-à-vis de la Commission, des commissaires, des directions générales, des instances parlementaires et des parlementaires eux-mêmes, nous avons l’obligation d’affiner nos méthodes de travail ».
Pas de surprise sur les grands axes de bataille de la nouvelle équipe mise en place à la tête du Copa. « Le chantier le plus sensible est celui de l’OMC » a affirmé, sans ambage, Jean-Michel Lemétayer. « Nous avons déjà démontré notre capacité à être uni à l’OMC. Mais nous sommes obligés de rappeler qu’il est temps de dire stop à tout ça ». Le nouveau président a martelé que l’UE a commis une « erreur de stratégie de négociation en mettant tout sur la table. On aura tout donné et rien obtenu. Nous sommes très « remontés » pour encourager Peter Mandelson et Mariann Fischer Boel a être intransigeants, vis à vis de nos partenaires, notamment les États-Unis qui laissent entendre mais qui ne font rien ». Jean-Michel Lemétayer a expressément demandé à Nicolas Sarkozy, avant son déplacement à Berlin, d’afficher une position forte lors de sa rencontre avec Angela Merkel, présidente en exercice de l’UE et chancelière allemande. Sur le dossier de l’OMC, Jean Michel Lemétayer et Pekka Pesonen (nouveau secrétaire général du Copa) ont également récemment rencontré leurs homologues japonais. Ils se montrent tout à fait satisfait de l’accord passé entre les nippons et leurs collègues coréens notamment pour juger que les nouvelles propositions de Crawford Falconer (président des négociations sur l’agriculture à l’OMC) étaient inacceptables. Du coup, Japonais et Européens préparent une déclaration commune sur le même sujet.
Deuxième grand chantier du Copa : le bilan de santé et l’après 2013. « Nous appelons de nos vœux les plus forts et les plus chers un vrai débat de fond de la part des chefs d’états et de gouvernements sur les objectifs et les missions qu’ils souhaitent assigner à l’agriculture européenne. Il faut d’abord fixer les objectifs et missions avant de débattre sur l’après 2013. C’est de la fixation d’une politique agricole que découlera un budget », a scandé Jean Michel Lemétayer. Dans ce cadre, le président du Copa estime que la Commission livrerait un document pour la rentrée de septembre plutôt que pour le début de l’été. En tout état de cause, Jean Michel Lemétayer et Pekka Pesonen rencontreront Mariann Fischer Boel le 30 mai.
Les autres chantiers concernent bien évidemment les Organisations communes de marché, celle des fruits et légumes mais aussi celle du vin notamment. La thématique de la gestion des risques est également décrétée « sujet très sensible à l’avenir » par le Copa. Enfin, dernier chantier important : la conditionnalité des aides. « Il y a unanimité dans tous les pays pour dire qu’on est allé trop loin dans les exigences et les contraintes vis à vis des exploitants agricoles », a affirmé Jean-Michel Lemétayer.

Christine Lagarde est devenue ministre de l’Agriculture et de la Pêche. Elle remplace Dominique Bussereau qui devient secrétaire d’État aux transports.
Christine Lagarde est devenue ministre de l’Agriculture et de la Pêche. Elle remplace Dominique Bussereau qui devient secrétaire d’État aux transports. - © NC
Nomination

Bienvenue

C’est ainsi que la FNSEA s’est félicitée de la nomination de Christine Lagarde comme ministre de l’Agriculture de plein exercice. Le syndicat majoritaire salue à travers elle une compétence reconnue et respectée dans la négociation européenne et internationale. « Les paysans auront besoin de tous les talents de la nouvelle ministre pour défendre et promouvoir le modèle agricole français et européen. Celui-ci étant très en danger face aux coups répétés des ultralibéraux de tous bords », poursuit l’organisation. Les jeunes agriculteurs voient dans cette nomination un « signe fort pour l’agriculture française » mais la nouvelle ministre devra faire preuve d’une grande fermeté tant à l’OMC que lors des négociations PAC. Coop de France a exprimé sa satisfaction et loue la parfaite connaissance des dossiers et la pugnacité dont a fait preuve Christine Lagarde lors de son passage au ministère du Commerce extérieur.

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