L'Auvergne Agricole 23 mars 2012 à 11h05 | Par C.Rolle

Congrès Udsea - L’acte de production : le leitmotiv de l’UDSEA du Puy-de-Dôme

«Vivre de son agriculture et construire son futur» : un programme ambitieux défendu par l’Udsea lors de son assemblée générale et conforté par le président national, Xavier Beulin.

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De gauche à droite : Patrick Levet, président JA63, Bruno Chaput, secrétaire Général Udsea, Xavier Beulin, président de la Fnsea, Claude Raynaud, président de l’Udsea, Jacques Chazalet, président de la Frsea Massif central et Patrick Escure, président de la Frsea Auvergne.
De gauche à droite : Patrick Levet, président JA63, Bruno Chaput, secrétaire Général Udsea, Xavier Beulin, président de la Fnsea, Claude Raynaud, président de l’Udsea, Jacques Chazalet, président de la Frsea Massif central et Patrick Escure, président de la Frsea Auvergne. - © C. Rolle

C’’est un congrès résolument tourné vers l’économie des exploitations et des productions qui s’est tenu le 16 mars dernier dans les locaux de VetagroSup à Marmilhat.

A la barre, Claude Raynaud, président de l’Udsea du Puy-de-Dôme, a invité les adhérents à «ne pas rester immobiles ». «Nous sommes des chefs d’entreprises agricoles tournés vers l’acte de production et l’économique, nous devons aborder sans tabous tous les domaines : le fiscal, le social, la production, la commercialisation, la place de l’agriculture dans la société, la communication, la clarification des compétences de nos organisations pour une meilleure lisibilité.» Un cap ambitieux que se fixe l’Udsea du Puy-de-Dôme en perspective des élections Chambre d’agriculture et qui, selon le président, «démontrera que le modèle agricole de la Fnsea est le seul capable de sauver l’agriculture et les agriculteurs de ce pays ».

 

« Rester unis »

Dès les premières minutes de l’assemblée générale de l’Udsea, le ton était ainsi donné. Le président n’a pas manqué de rappeler que l’agriculture était à «un tournant» marqué notamment, par la fin programmée des quotas, la nouvelle PAC, le découplage, l’abandon de l’historique des exploitations, la convergence… «Autant de sujets propices à l’éclatement de l’unité du monde agricole» a-t-il mis en garde. «Face à la tentative de nos gouvernants d’opposer les productions les unes aux autres, il est important de rester unis. Il n’y a pas les céréaliers d’un côté, les laitiers, les producteurs de viande bovine, les moutonniers, les hors sol, les bios, le circuit court, les maraichers, mais des agriculteurs qui occupent et entretiennent un territoire avec des productions adaptées à ce territoire».

Du bon sens partagé par Xavier Beulin qui participait au Congrès de l’Udsea et dont les premiers mots s’adressaient à l’agriculture française, «riche de ses diversités, et secteur d’excellence de la France». « Nous n’avons pas à rougir quand on sait que le secteur agricole représente plus de 3 mil-lions d’emplois et que son chiffre d’affaires cumulé correspond à deux fois et demi celui du chiffres d’affaires de l’automobile ».

 

- © C. Rolle

« Retrouver du bon sens »

Xavier Beulin a donc profité de sa présence au congrès de l’Udsea du Puy-de-Dôme pour présenter les positions de la Fnsea.

Sur la Politique agricole commune d’abord, le président national a réitéré l’importance du maintien du projet de budget pour la Pac tel qu’il a été proposé en juin dernier. Il a rejeté catégoriquement l’option d’une aide unique à l’hectare en 2020. «Nous ne pouvons pas accepter la convergence des aides européennes entre Etats. Il faut tenir compte du différentiel de coût de production entre les différents pays. Un euro de soutien n’a pas le même pouvoir d’achat en France, en Bulgarie ou en Roumanie» a expliqué Xavier Beulin.

Sur le contenu de la Pac, le président de la Fnsea veut infléchir la copie européenne sur la réforme et réduire le taux de 30% de verdissement des aides. « Comment peut-on nous dire de produire mieux et plus, tout en proposant de retirer 7 % des terres arables pour constituer des réserves écologiques! C’est en contradiction totale avec l’objectif de sécurité alimentaire mondiale affiché par le G20 qui nécessite de produire davantage »

Dans le même sens, le président de la Fnsea s’est prononcé pour un assouplissement des mesures de maintien des surfaces en herbe, « il faut accepter la tolérance pour un éleveur de remettre 10 à 15% de cultures annuelles pour permettre de sécuriser sa production herbagère ». Enfin, sur la gestion des marchés et des risques, Xavier Beulin a dénoncé l’insuffisance des dispositifs avancés par le Commissaire européen et rappelé l’importance de conserver des mécanismes collectifs et communautaires pour gérer les risques

Sur toutes ces questions sources de débats, le président national souhaite prendre le temps d’évoquer les sujets avec l’ensemble de la profession. «Je préfère que ce soit la profession agricole qui tente de s’arbitrer, plutôt que de laisser l’arbitrage au ministre.»

 

« Construire la compétitivité »

Autre sujet de prédilection pour le représentant de la Fnsea : la compétitivité et la performance du secteur agricole. Dans ce domaine, la Fnsea attend des pouvoirs publics des mesures d’allégement du coût du travail, des moyens et des ressources à l’innovation et la recherche, et des normes « raisonnables ». « On ne pourra pas indéfiniment rester sur le concept franco-français du laver plus blanc que blanc ! Il faut remettre un peu de bon sens et appliquer les normes européennes plutôt que de s’infliger des normes nationales drastiques spécifiques». Xavier Beulin mise également sur l’organisation des filières et des productions pour améliorer la compétitivité. Il a rappelé le soutien de la Fnsea dans la création d’un groupement export permettant de structurer l’offre française et d’être ainsi présent sur le marché. «Au même titre que l’agriculture ne doit plus être une variable d’ajustement mais une constante de développement, le collège de la production doit être un maillon puissant au sein de la filière» a-t-il expliqué.

 

«Rejeter une écologie punitive»

D’une même voix, Claude Raynaud et Xavier Beulin ont dénoncé la stigmatisation de l’agriculture face à l’environnement. «Ce n’est plus supportable, s’est exprimé le président de l’Udsea. Nous sommes pour une agriculture durable au sens étymologique du terme, une agriculture qui se transmet de génération en génération et qui bénéficie des avancées techniques et technologiques. Nous sommes des écologues qui respectons la nature, qui est notre outil de travail, autant que tout autre.» «Nous ne voulons pas d’une écologie punitive et dogmatique mais une écologie responsable, raisonnée et concertée. Il n’y a pas les « bons » écologistes d’un côté et les « mauvais» agriculteurs de l’autre. Il faut dépasser cette vision manichéenne » a conclu le président national.

 

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