L'Auvergne Agricole 10 février 2011 à 10h30 | Par S. Giraud

Congrès FNB - Il y a urgence à régler l’urgence des prix

Devant les producteurs de viande bovine, réunis en congrès la semaine dernière à Autun, le ministre de l’agriculture a voulu tenir un langage de vérité. De là à dire qu’il a convaincu…

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Les responsables de la FNB se sont réunis à Autun, en milieu de semaine dernière.
Les responsables de la FNB se sont réunis à Autun, en milieu de semaine dernière. - © S. Giraud

Autun, Saône-et-Loire. Au cœur du berceau de la race Charolaise, les représentants de l’élevage bovin viande ont durant deux jours, écouté les cris et les SOS d’éleveurs en détresse. Quatre années de crises successives, c’en est définitivement trop pour se faire entendre dire « soyez plus compétitifs». Le problème est ailleurs.

« Nous sommes dans une situation économique où les plus performants des éleveurs ne peuvent plus vivre normalement de leur activité. Quand on en est là, ce n’est plus le nombre de vaches allaitantes ou de jeunes bovins (JB) engraissés par éleveur qui est la question à poser, mais la rémunération de l’activité en elle-même ». Devant le ministre de l’Agriculture, le président de la Fédération nationale bovine (FNB) n’y est pas allé par quatre chemins. Tout simplement, parce que pour lui et l’ensemble des éleveurs dont il porte la voix, « il n’y a pas trente six solutions (…) soit les prix à la production augmentent enfin, soit un plan d’aides d’urgence doit être décrété ». Déjà rompus au second scénario, certainement nécessaire, mais intenable sans perspectives d’amélioration significatives du revenu, les éleveurs réclament unanimement des prix.

 

« C’est des prix qu’il nous faut ! »

Et face aux opérateurs aval qui ne respectent pas leurs engagements, et qui par-dessus le marché expliquent les « bonnes raisons » pour lesquelles les cours doivent baisser, alors que partout en Europe et dans le monde, ils augmentent, les éleveurs s’en remettent à l’Etat.

Discussion avec la grande distribution et export, mais où en est-on ? Que font les pouvoirs publics ? Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire à peine perturbé par les huées, s’en est expliqué.

« La première priorité c’est de faire remonter les prix. Certaines entreprises ont accepté de jouer le jeu. Dès aujourd’hui, la direction générale de la répression des fraudes ira vérifier les pratiques sur le terrain. Dans les jours à venir, il faudra accepter de dire publiquement qui joue le jeu et qui ne la fait pas ». Sans anticiper sur cette vérification, Bruno Le Maire a pointé du doigt ouvertement les coopératives.

Sur la question des cotations, « il ne faut plus que vous vous fassiez gruger sur les chiffres » a estimé le ministre, qui s’est engagé à réformer le système datant des années cinquante, pour lui substituer un nouveau dispositif comprenant une vérification des prix entrées abattoirs par France Agrimer. Mise en route prévue pour le mois d’avril. Enfin sur l’export, maillon indispensable pour conquérir de nouveaux marchés et tendre les prix à la hausse, l’hôte de la rue de Varennes a confirmé « son soutien à la mise en place d’un GIE export ».

 

Etre d’accord, ne suffit pas

Apostrophés à plusieurs reprises par des éleveurs dans le public, certainement échaudés par de vaines promesses, le ministre a résolument cherché à se placer de leur côté. Mais pour Patrick Bénézit, vice-président de la FNB, cela ne suffit pas, « il nous dit qu’il est d’accord avec nous, mais c’est lui qui gouverne et qui est donc en mesure d’agir ». Force est de constater, « que sur l’immédiat, il n’apporte pas de réponses ». Et de rappeler qu’en matière d’export, les affaires traînent: « le marché algérien n’est pas encore débloqué pour les broutards », que la pression des pouvoirs publics auprès des entreprises est beaucoup trop timide et enfin de constater que la situation dramatique traversée par l’élevage appelle un plan d’urgence. A Autun, le ministre a parlé d’urgence, mais pas de plan.

Patrick Bénézit dans les pas de Pierre Chevalier, qui tous les deux œuvrent sans relâche à la défense des producteurs de viande bovine.
Patrick Bénézit dans les pas de Pierre Chevalier, qui tous les deux œuvrent sans relâche à la défense des producteurs de viande bovine. - © S. Giraud

DUO GAGNANT POUR LE MASSIF CENTRAL

Et si dans trois ans, un cantalien succédait à un corrézien à la tête de la FNB ? C’est à priori, bien dans cette perspective, qu’au terme de l’élection du bureau, qui s’est tenue mercredi, Patrick Bénézit a accédé à la vice-présidence, tandis que Pierre Chevalier a conservé la présidence de la fédération, le poste de secrétaire général ayant été confié au bourguignon Jean-Pierre Fleury. Le corrézien quittera en effet le poste qu’il occupe depuis douze ans, en 2014, et verrait bien l’actuel coordinateur du berceau des races à viande et président de la section régionale bovine Auvergne-Limousin, Patrick Bénézit, prendre en main la destinée de la FNB. En attendant, c’est l’ensemble du Massif central qui se trouve renforcé par cette élection.

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