L'Auvergne Agricole 26 octobre 2006 à 00h00 | Par C.Rolle

Conférence - Mon village dans la planète… et pas de planète sans village…

Les agriculteurs ne peuvent plus faire l’économie de leur engagement au sein des organisations professionnelles ; c’est la garantie de leur compétitivité sur les marchés. Trois conférences les accompagnent dans cette réflexion.

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Bruno Chaput a accueilli Frédéric Charillon, Jean-Christophe Gouache et Thierry Michel lors de la première conférence.
Bruno Chaput a accueilli Frédéric Charillon, Jean-Christophe Gouache et Thierry Michel lors de la première conférence. - © Auvergne Agricole

«Nous sommes là pour connaître et mieux comprendre afin de pouvoir agir » : c’est en ces termes que Bruno Chaput, secrétaire général de l’Udsea a ouvert le 20 septembre dernier la première conférence d’une série de trois, destinées à informer les agriculteurs jeunes et aînés, sur la place et le rôle de la profession dans le monde(1).
Sur le thème «Mon village dans la planète», les participants ont échangé leurs points de vue, aiguillés en cela par les interventions de Frédéric Charillon, professeur à l’Université de droit, Jean Christophe Gouache, directeur de la branche semence des grandes cultures chez Limagrain et Thierry Michel, journaliste et rédacteur en chef de Direct Affaires.
Pour le premier d’entre eux, il n’y a pas de doute, on ne peut pas faire le monde en ignorant le village ; les deux sont devenus indissociables. Spécialiste des relations internationales, Frédéric Charillon a parlé de «revanche des sociétés», concept dans lequel les individus et groupes de citoyens influent désormais sur les décisions politiques, économiques et internationales. «Nous sommes passés d’un monde qui comptait deux acteurs principaux (Est/Ouest) et 200 Etats, à un monde qui compte aujourd’hui autant d’acteurs que d’individus. Avec la fin de la guerre froide, ce fut la fin de la simplicité du monde. Les citoyens ont retrouvé les religions, les ethnies, les intérêts… De nouveaux pays ont émergé ; la Chine est redécouverte et un nouveau monde s’est ouvert à nos yeux, composé de millions d’acteurs». «L’attitude du simple citoyen est devenue un enjeu des relations internationales» précise le professeur Charillon qui illustre son propos par l’exemple du boycott des consommateurs américains sur les produits français. « Tout le monde est acteur par sa capacité à se mobiliser, y compris les entreprises ». Et c’est le cas d’une grande coopérative comme Limagrain qui vit l’international au quotidien. «Les scientifiques ne connaissent pas les frontières» explique Jean Christophe Gouache. «Les 45 nationalités qui composent le groupe sont fondamentales pour l’épanouissement des hommes, le mélange des cultures, des expériences mais aussi pour l’entreprise ». Or, Jean Christophe Gouache dénonce une forme de «diabolisme politique» et regrette que « les politiques n’aient pas conscience de la réalité de l’implication des entreprise à l’international. C’est une évidence qu’ils ne mesurent pas suffisamment ».
«Le monde agricole a lui aussi des outils pour être « village dans la planète». «Il a la capacité à résister et à affronter l’avenir grâce à l’organisation qu’il a su mettre en place» commente Thierry Michel. Une évidence confirmée par Gérard Renard, président de la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme, qui rappelle que la profession a su créer des outils de mutualisation et de solidarité dont il faut garder la maîtrise. «Nous devons être vigilants en terme d’organisation et de mobilisation pour rester maîtres de nos productions et de nos débouchés sinon demain, d’autres le feront à notre place (…) Via nos structures, il faut aussi savoir s’organiser avec d’autres producteurs de la planète en allant créer des alliances ». Pour Gérard Renard, «l’avenir de l’agriculture passe par notre capacité de collectivité ». Pour Bruno Chaput, «il passe alors par l’implication des professionnels dans les organismes d’amont et d’aval de la production et dans le syndicalisme».

(1) - Ces rencontres sont mises en place conjointement par l’Udsea et les JA du Puy de Dôme, en lien avec les organisations professionnelles

 

«L’avenir passe par nous»
Sébastien Vidal, président des Jeunes Agriculteurs du Puy-de-Dôme et Bruno Chaput, secrétaire général de l’UDSEA invitent les agriculteurs à participer à la deuxiè- me conférence-débat organisée sur le thème : «Bâtir l’Europe», vendredi 3 novembre prochain, à 9 h 45 amphithéâtre Michel Debatisse (Chambre départementale d’Agriculture)
«Mieux connaître nos voisins, mieux saisir les enjeux d’une Europe élargie» - «Quelle Europe souhaitons-nous ? » Avec la participation de Michel Deyra, professeur à l’Université de Clermont-Ferrand, spécialiste des ques- tions européenne et Thierry Boulleau ingénieur du Sidam.
A 13 h, un buffet clôturera cette matinée d’échanges.

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