L'Auvergne Agricole 15 mars 2017 à 08h00 | Par Héléna NOWAKOWSKI

Comprendre pour anticiper et décider

Le Centre d'Etudes Techniques Agricoles (CETA) Val de Morge mise, sur la vision à long terme et les échanges constructifs entre les professionnels agricoles.

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Une salle comble et réactive pour des échanges constructifs.
Une salle comble et réactive pour des échanges constructifs. - © H. Nowakwski

Jeudi 9 mars à Maringues, les adhérents du CETA Val de Morge, réunis pour leur Assemblée générale, ont débattu de l'évolution inéluctable du monde agricole. Jean-Marie Séronie, agroéconomiste, a exposé sa vision de l'évolution du monde agricole dans les prochaines années. Les échanges avec les participants ont été riches et animés.

 

Consommation alimentaire, tout a changé

Les consommateurs d'aujour-d'hui ont des demandes bien spécifiques en lien avec les préoccupations de santé. Ces attentes peuvent être tout autant objectives qu'irrationnelles explique le spécialiste. En effet, de nos jours, on consomme ou non du gluten, du lactose, des omégas 3 etc... et ce en fonction de l'impact de l'information, ou désinformation sur le consommateur. Dans cet imbroglio de nouvelles attentes « tendance » réclamées par la société, l'agriculteur est contraint de s'adapter pour fournir ce qui se vend. Selon l'économiste, la grande distribution ne crée pas le besoin mais elle a capacité à le sentir en amont et à l'amplifier. Pour autant, elle sera le plus gros vecteur des circuits courts et se penche activement sur le sujet. C'est en effet très « vendeur » car la valeur de l'image de l'agriculteur, qu'elle soit réelle ou imaginaire est plus importante que le produit en lui-même. Les participants s'accordent sur le fait que les intermédiaires et notamment les distributeurs sont indispensables ; pour autant, ils ne veulent pas être « spoliés » de la valeur ajoutée de leur production.

Jean-Marie Séronie, agroéconomiste
Jean-Marie Séronie, agroéconomiste - © H.Nowakwski

Organisation mondiale, tout a changé

Et c'est peut-être là que le bât blesse. L'économiste n'y va pas par quatre chemins et affirme que l'agriculture est entrée dans une économie de marché et qu'elle ne doit pas attendre d'ingérence de l'État. « Le problème en France ? on ne sait pas ce qu'on veut d'où notre difficulté à négocier » selon Jean-Marie Séronie. Or «plus le marché est ouvert, plus c'est complexe et plus il est nécessaire de connaître le sens de la marche. » Les technologies pour répondre aux besoins évoluent très vite et là encore, la grande distribution aurait un train d'avance. Le monde agricole a des marges de progrès à faire. Mais pour cela, « il faut que les agriculteurs retrouvent l'enthousiasme et cela passe par le retour financier sur l'exploitation» rétorque Marc Rouganne, adhérent du CETA. Voilà de quoi rebondir sur le sujet des prix. L'intervenant fait grincer les dents quand il affirme que « les prix ne sont pas mauvais »... une explication plus loin, « ce sont les charges qui sont trop élevées et l'organisation administrative et fiscale à la française qui est contre-productive.» Voilà tout le monde d'accord.

Alors, quelles solutions ?

L'agriculture française a, selon Jean-Marie Séronie, plusieurs défis à relever. D'un point de vue économique, il est indispensable de gérer l'imprévisibilité, la variabilité notamment des cours et ne pas croire en l'Etat régulateur. Techniquement parlant, on tend vers une agriculture de précision répondant aux attentes sociétales, environnementales et climatiques.

Autre alternative qui convainc moins, l'agriculture systémique basée sur les processus naturels. Enfin, le numérique est entré dans les cours de ferme mais reste une option permettant, en utilisation optimale, de gagner en autonomie par rapport aux organismes qui gravitent autour de l'agriculteur.

Serge Bionnier et Gilles Brugère, adhérents au CETA, ajoutent que «l'accès à l'eau et l'aménagement foncier sont tout autant des enjeux majeurs pour optimiser la gestion des parcelles et être compétitif. »

Enfin, l'agriculture collaborative semble émerger des réflexions comme étant une solution concrète et potentiellement efficace. Unir ses forces, ses idées, son matériel pour réduire les charges, partager des projets et les risques pour en minimiser l'impact voilà de quoi finir positivement. Il faudra quand même « lever un obstacle de poids » remarque Étienne Faure, JA : «l'individualisme sociétal. »

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