L'Auvergne Agricole 17 juin 2020 à 11h00 | Par Charly Traversino

Combiner les méthodes préventives et curatives de l’ambroisie dans les cultures de printemps

L’ambroisie à feuilles d’armoise est une plante envahissante qui colonise préférentiellement les terrains non couverts. Les pollens, émis majoritairement en août-septembre, provoquent de fortes réactions allergiques chez les personnes sensibles.

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Desherbage mécanique de l’ambroisie à l’aide d’une bineuse
Desherbage mécanique de l’ambroisie à l’aide d’une bineuse - © Fredon AuRA

Contrôler la présence d’ambroisie chaque année, avant sa floraison, c’est agir pour la santé de tous !

Une forte nuisibilité dans les cultures de printemps

Les grands bassins de production de céréales de la région Auvergne-Rhône-Alpes sont d’ores et déjà fortement impactés par la présence de l’ambroisie. Elle constitue donc une réelle menace pour l’agriculture.

Dans les grandes cultures, l’ambroisie se développe tout particulièrement dans les cultures de printemps (maïs, tournesol, soja...) et peut se révéler très concurrentielle. Cette nuisibilité varie selon la densité de l’ambroisie, la culture implantée ou le(s) mode(s) de gestion utilisé(s). En culture de tournesol, des essais menés par Terres Inovia ont ainsi montré une perte de l’ordre de 3q/ha par tranche de 10 ambroisies au m² avec une baisse de rendement pouvant atteindre jusqu’à 2/3 de la récolte.

Binage de l’ambroisie : intervenir dès que possible

Pour mener une lutte efficace, il convient de diversifier les méthodes de gestion et de maîtriser l’ambroisie via la combinaison de techniques préventives (pour réduire le stock semencier et limiter le nombre de plantes avant l’installation de la culture) et curatives (mécaniques si possible, associées à de la lutte chimique éventuellement afin de limiter le nombre de plantes et leurs effets dans la culture installée).

Le binage permet d’éliminer une part importante des ambroisies présentes sur l’inter-rangs des cultures sarclées. En zone infestée, la lutte est plus efficace si le semis a lieu dans de bonnes conditions, garantissant une levée rapide et homogène des cultures et s’il a été précédé de faux-semis. Il est nécessaire d’intervenir sur de jeunes ambroisies encore peu développées (2 à 4 feuilles) pour éviter qu’elles ne se repiquent. Plusieurs passages peuvent être réalisés si les fenêtres climatiques le permettent.

L’association avec du désherbage chimique peut assurer une bonne maîtrise de l’ambroisie, notamment dans le tournesol et dans le soja. Toutefois, la lutte chimique montre ses limites et des cas de résistances à certaines molécules herbicides sont d’ores et déjà reconnus en France.

À retenir

La lutte contre l’ambroisie s’inscrit dans la durée. Il convient de gérer cette adventice selon une approche intégrée, avec un raisonnement à l’échelle de la rotation.

Diversifier les méthodes de lutte (maîtrise de la succession culturale, gestion de l’interculture, faux semis, décalage des dates de semis, désherbage mécanique…) permet de gérer efficacement l’ambroisie.

Les graines d’ambroisie restent viables dans le sol pendant plusieurs années : éviter le labour lorsque cela est possible.

Pour plus de détails, consulter la plaquette « Lutter contre l’ambroisie en milieu agricole - Grandes cultures » disponible sur : https://ambroisie.fredon-aura.fr (rubrique « Documentation » > « Lutter contre l’ambroisie en milieu agricole »).

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