L'Auvergne Agricole 23 juillet 2015 à 08h00 | Par Sophie Chatenet

Christian Guy : « C'est des prix qu'il nous faut...pas des prêts ! »

Président de la section régionale porcine du Massif central, Christian Guy ne décolère pas face aux diverses annonces des pouvoirs publics.

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Christian Guy est producteur de porc en châtaigneraie cantalienne.
Christian Guy est producteur de porc en châtaigneraie cantalienne. - © S.Chatenet

 

Que vous inspirent les récents propos du ministre de l'agriculture se félicitant de la hausse des cours du porc proche de l'objectif visé ?

Christian Guy : Quand Stéphane Le Foll dit qu'à 1,40 euros, l'objectif est atteint, il ment. Le coût de production chez nous dans le Massif central, c'est 1,60 euros. Il est clair qu'avec un cours du porc à 1,40 euros, les éleveurs non seulement ne gagnent pas d'argent, pire ils en perdent !

La situation a-t-elle atteint un seuil critique inédit ?

C.G. : On arrive au bout d'un système. En Bretagne, 345 éleveurs ont arrêté la production en 2014. Aujourd'hui, on comptabilise pas moins d'un arrêt par jour. Dans le Massif central, pas une semaine ne passe sans que j'apprenne qu'un collègue, un voisin envisage sérieusement de mettre un terme à la production porcine. Aujourd'hui pour espérer sortir du marasme, il nous faut des prix.

Les annonces du gouvernement sont-elles à la hauteur de la crise traversée par l'ensemble des filières d'élevage ?

C.G. : Nos gouvernants sont à côté de la plaque. Certes, le politique n'est pas là pour faire le prix mais à un moment donné, il faut qu'il se mouille. On nous propose de prendre un prêt pour en payer un autre. A ce train là, on va finir comme les grecs. L'élevage ne trouvera son salut que dans les prix. Actuellement, ce sont les éleveurs qui trinquent, mais il ne faut pas oublier que derrière ce sont des emplois qui sont générés. Il faut absolument mettre un terme à cette course au moins-disant qui conduit à des absurdités. En porc, certains salaisonniers se font tellement presser par la grande distribution, qu'ils vont faire leur course en Espagne.

Les pouvoirs publics n'ayant à priori pas mesuré l'ampleur du problème, nous allons continuer nos actions en ciblant notamment toutes les viandes étrangères.

 

Recueillis par Sophie Chatenet

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