L'Auvergne Agricole 11 mars 2010 à 08h51 | Par F. Fournier

Chambre d'agriculture - Pra Dore Bois Noirs - Le vêlage des génisses à deux ans, c’est possible !

Le 23 février dernier, les éleveurs laitiers de Dore Bois Noirs ont participé à une formation sur l’élevage des génisses, organisée par la Chambre d’Agriculture de Thiers.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Les vêlages sont conduits en deux périodes. D’août à octobre ont lieu 37 vêlages, avec des inséminations en race pure.
Les vêlages sont conduits en deux périodes. D’août à octobre ont lieu 37 vêlages, avec des inséminations en race pure. - © Auvergne Agricole

Après une matinée consacrée aux conseils techniques pour bien élever ses génisses, avec Magali Joly, conseillère au Contrôle Laitier, Raphaël Fabre a reçu les participants sur son exploitation, au GAEC du Chabriou à Thiers.
Installé en 2005 avec Sabine Tholoniat sa compagne et ses beaux parents, Raphaël exploite 140 hectares sur les hauteurs de la commune de Thiers. Pour lui, le vêlage 2 ans s'est imposé presque naturellement. « Au moment de mon installation et celle de Sabine, nous avons envisagé d'agrandir la taille de l'exploitation. Mais il n'y avait guère de possibilités. En plus, je ne suis pas fan des heures passées sur le tracteur à courir aux quatre coins de l'exploitation».

Une décision bien réfléchie

«Nous avons donc pris la décision au sein du GAEC de travailler plus sur les animaux : arriver à produire la référence avec moins de vaches et avoir plus d'autonomie fourragère pour alimenter le cheptel » argumente Raphaël. La solution pour arriver à cet objectif est d'avoir moins de génisses de renouvellement à élever en supprimant une génération, d'où le passage au vêlage deux ans. « La suppression d'un lot de génisses a permis de libérer des surfaces qui étaient uniquement pâturées depuis des années et de les remettre en prairies de fauche, ce qui a permis de reprendre en main ces parcelles, avec une meilleure fertilisation et une amélioration de la flore » poursuit Raphaël.
Les vêlages sont conduits en deux périodes. D'août à octobre ont lieu 37 vêlages, avec des inséminations en race pure. Toutes les femelles sont conservées pour le renouvellement avec un âge au vêlage entre 24 et 30 mois sur la fin d'automne. Les vaches qui vêlent à partir de novembre sont inséminées en croisement, «sinon, on aurait des écarts d'âge trop importants dans un même lot de génisses » explique Raphaël. L'éleveur pratique des pesées régulières pour suivre la croissance de ses génisses et se comparer avec les courbes d'objectifs, pour arriver à 400 kg lors de la mise à la reproduction.

 

 

Etre réactif

Au fil des campagnes, Raphaël se forge de l'expérience dans la conduite de ses génisses. Ses constats et recommandations pour ses collègues éleveurs : «faire attention lors de la mise à l'herbe, l'herbe est riche en eau, les génisses ont la diarrhée pendant quelques temps, je pense que dorénavant je les mettrai sur des parcelles qui ont repoussé suite à un premier passage des vaches laitières. A l'automne, on a aussi tendance à laisser les génisses trop longtemps dehors, il reste toujours un peu d'herbe, mais elle est rouillée à cause de la pluie, ou gelée. Les génisses pâtissent très vite de ces conditions climatiques. L'idéal serait de rentrer les génisses en même temps que les laitières ».
La durée d'élevage des génisses étant écourtée, le temps perdu ne se rattrape pas. Pour tenir les objectifs de poids, les génisses sont complémentées à la pâture tous les jours avec un aliment type VL 18. « Quand on a passé une journée aux foins, on n'a pas toujours envie de retourner vers les génisses. J'aurais pu mettre un alimentateur et passer moins souvent. Mais finalement, aller voir les animaux tous les jours permet de détecter rapidement les problèmes d'yeux ou de boiteries. En plus, les animaux sont beaucoup plus dociles, on est tous les jours avec» fait remarquer Raphaël, ce qui est bien pratique pour faire une intervention. Preuve à l'appui, une génisse de 15 mois est choisie dans le lot pour faire une mesure au ruban barymétrique afin d'en estimer son poids. L'animal - et le lot complet de génisses - ne bouge pas, malgré la présence de 7 à 8 personnes dans le box : un confort de travail appréciable.

Le GAEC du Chabriou

4 associés : Michel et Monique Tholoniat, Sabine Tholoniat et Raphaël Fabre
Troupeau de 78 vaches Prim' Holstein à 7000 kg de lait par vache
SAU : 140 hectares, dont 118 ha d'herbe, 11 ha de maïs ensilage et 11 ha de céréales.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Auvergne Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui