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Viande bovine

Les éleveurs réclament une année blanche

Parce qu’à long terme, l’élevage a des perspectives, les éleveurs du berceau des races à viande souhaitent que les pouvoirs publics apportent un peu d’oxygène aux trésoreries, malmenées par quatre années successives de crise.

30 septembre 2011 Sophie Giraud Vu 1071 fois
Réunion des éleveurs du berceau des races à viande, mardi dernier, à Aubière.

Réunion des éleveurs du berceau des races à viande, mardi dernier, à Aubière. - © Pamac

Depuis quelques semaines, les cours des animaux toutes catégories confondues se sont redressés, fruit notamment d’une stratégie de développement de l’export. «En un an, on est passé d’une situation où l’export était un sujet tabou, à une prise de conscience qui a finalement rendu cet engagement dans l’export hautement stratégique », explique Patrick Bénézit, coordinateur du berceau des races à viande.

Cette progression des prix est toutefois tempérée, comme le souligne un éleveur de l’Aveyron : «nous partions de prix très bas, sans compter que nous avons dû faire face à l’explosion des charges, et ce n’est pas fini avec les achats supplémentaires d’aliments liés à la sécheresse du printemps!».

Au final, même si la dynamique d’export est là, dopée par une demande exponentielle(1), et qu’elle pourrait à terme maintenir les cours à un bon niveau, les exploitations viande bovine souffrent.

 

 

Lobbying auprès des élus

« Les trésoreries ont besoin d’oxygène, que seule une année blanche serait capable de générer », estime un éleveur de Saône-et-Loire.

Les éleveurs du berceau des races à viande militent en effet pour la mise en œuvre coordonnée d’une année blanche avec report d’annuité en fin de tableau. « Nous attendons que le ministre de

l’agriculture se positionne clairement », soutient Patrick Bénézit. Dans les jours à venir, les représentants des éleveurs de chaque département du Massif central vont rencontrer élus et représentants de l’Etat afin de faire aboutir leurs revendications : année blanche mais aussi à moyen terme, maintien de la prime au maintien du troupeau vaches allaitantes (PMTVA) et son complément national (PNSVA). « Ce type de soutien a fait, depuis quarante ans, la preuve de son efficacité dans l’objectif de maintenir le potentiel de production», concluent les éleveurs du berceau dans un communiqué.


(1) D’ici 10 ans, la consommation mondiale de viande bovine devrait avoir augmenté de 15 %, principalement dans les pays émergents (source : FAO / OCDE).

 

 
3 000 babys, en partance, vendredi dernier, pour la Turquie, au départ du port de Sète.

3 000 babys, en partance, vendredi dernier, pour la Turquie, au départ du port de Sète. - © Dominique Diogon

Des jeunes bovins en partance pour la Turquie

Preuve que la stratégie « export », imaginée l’an dernier, suite aux blocages par les éleveurs des sites du géant Bigard, a fini par payer : depuis quelques semaines, la fréquence des bateaux chargés de bovins vers les pays du Maghreb s’accélère. Et du coup, niveau tarif depuis le milieu de l’été, on sent un sursaut salutaire pour les éleveurs.

Vendredi dernier, sur le port de Sète, Patrick Bénézit, vice-président de la FNB, Jean-Paul Thénot, membre du bureau de la FNB et Bernard Martin, président de la zone de transit, ont assisté à l’embarquement sur un bateau libanais, de 3 000 jeunes bovins prêts à tuer. Direction : la Turquie, un marché en plein expansion avec des opérateurs friands des animaux français. « La valorisation de ces babys dépasse les 2,40 euros/kg vif payé au producteur», se félicite Patrick Bénézit. Si ce type de marché est en pleine expansion, les responsables professionnels attendent également avec impatience les certificats sanitaires permettant d’envoyer des broutards aux turcs. Les bêtes, chargées à Sète, devraient à l’heure qu’il est, être arrivées en Turquie, tout comme celles qui, au même moment, à tout juste quelques mètres, ont pris place sur le Princess Erika pour être acheminées vers l’Algérie.

Sophie Giraud

 

 

 
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