L'Auvergne Agricole 25 mars 2009 à 10h27 | Par C.Rolle

Betterave - La betterave a fait son nid en terre de Limagne

Les semis sont précoces cette année. Ils ont démarré avec une semaine d’avance dans des conditions idéales. Les planteurs ont maintenant un œil rivé sur la terre et l’autre vers le ciel…

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Jean-Claude Delsuc et Jean-Paul Philippon sont ici aux côtés d’Olivier Semonsut, producteur à Gerzat de blé, maïs consommation et betterave sur une surface de 130 ha, dont 6,10 ha consacrés à la betterave. C’est Jean-Yves Merle, agriculteur et entrepreneur de travaux agricoles à Malintrat,  qui a réalisé les semis de variétés « cadillac » et « unique » sur les parcelles d’Olivier.
Jean-Claude Delsuc et Jean-Paul Philippon sont ici aux côtés d’Olivier Semonsut, producteur à Gerzat de blé, maïs consommation et betterave sur une surface de 130 ha, dont 6,10 ha consacrés à la betterave. C’est Jean-Yves Merle, agriculteur et entrepreneur de travaux agricoles à Malintrat, qui a réalisé les semis de variétés « cadillac » et « unique » sur les parcelles d’Olivier. - © Auvergne Agricole

C'est parti ! Les premiers semis de betterave ont démarré, avec quelques jours d'avance, le 10 mars dernier, sur l'ensemble de la Limagne. « A ce jour, plus de 80 % d'entre eux ont été réalisés, facilités par des conditions climatiques idéales, des terrains bien préparés et des semences de bonne qualité», souligne Jean-Paul Philippon. Un peu d'eau serait maintenant la bienvenue... mais pas trop !
En effet, le technicien du syndicat betteravier des Limagnes fait allusion aux fortes précipitations de printemps qui ont pénalisé les productions des deux dernières années, « surtout celle de 2008 ! »
La crainte du moment se porte plutôt sur le gel de printemps qui pourrait impacter les semis précoces, « d'autant plus que nous avons des semences activées qui peuvent lever très vite, au plus fort d'éventuelles gelées » reconnaît Jean- Paul Philippon. La présence de mulots sur les parcelles ne rassure pas non plus les planteurs invités à mettre en œuvre rapidement les moyens de lutte contre ce rongeur.

 

La campagne betteravière commence sous de bons auspices

La sole est reconduite à 4 200 ha avec quelques producteurs en moins (402 au lieu de 410) mais avec l'arrivée de jeunes dans la production, «preuve que la betterave est ancrée sur la Limagne et que la fibre betteravière existe bel et bien !» se félicite le président, Jean-Claude Delsuc. Le syndicat des planteurs et le Centre technique betteravier Limagnes (CTBL) n'hésitent pas d'ailleurs à optimiser la production du département en expérimentant différentes variétés. Cette année, des essais portant sur 39 variétés classiques cultivées sur les terres de la Limagne, et sur 17 nouvelles variétés doubles tolérance rhizoctone brun et rhizomanie, sont réalisés sur une parcelle appartenant à Olivier Semonsut, exploitant à Gerzat. « Le rhizoctone brun touche 30 % des parcelles du département. Nous sommes les seuls, avec l'Alsace, à subir cette maladie sur betterave, nous avons donc tout intérêt à développer ces variétés avec tolérances pour pouvoir maintenir de bons rendements » explique Jean-Paul Philippon. La zone est également pilote en France sur l'observation de la scercosporiose.
Enfin, dans le labyrinthe de la réglementation des produits de traitement, la betterave devrait s'y retrouver tout au long de cette nouvelle campagne puisque les molécules actuelles sont utilisables. « Nous n'avons pas d'impasse de traitement ; des solutions de rechange existent grâce au travail de sensibilisation et aux négociations menées sans relâche par l'ITB auprès du ministère » souligne Jean-Claude Delsuc.

La betterave est ancrée sur la Limagne
La betterave est ancrée sur la Limagne - © Auvergne Agricole

Il a dit
Jean-Claude Delsuc, président du syndicat des betteraviers, à propos de la réforme sucre : « L'objectif de la réforme sucre est atteint par l'Union européenne : ses surfaces ont diminué ! Mais d'ici la fin de l'année que va-t-il se passer ? Quel sera le niveau des importations et à quel prix ? Les stocks sont extrêmement difficiles à évaluer, surtout quand un pays comme le Brésil joue au yoyo avec la betterave entre issue alimentaire et issue énergétique. Nous avons donc peu de lisibilité, si ce n'est que le marché est aujourd'hui assaini, rendant l'Europe déficitaire... Il faut espérer que les cours vont augmenter pour les producteurs. Or, l'objectif de l'UE est 404 €/tonne en 2009. Avec ce cours du sucre on ne tiendra pas longtemps ! Nos charges sont importantes. Hormis la charge énergétique, la culture demande des traitements importants et engendre des coûts de récolte élevés que seule une marge suffisante peut supporter ».

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