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Arboriculture

Un arboriculteur expérimentateur et perfectionniste

David Jarsaillon est arboriculteur à la Roche Blanche. Installé depuis 15 ans au sein d’un Gaec familial, il a développé une technicité très réfléchie

02 décembre 2010 SYLVIE TRINH Vu 1264 fois
David Jarsaillon, arboriculteur en vente directe à la Roche Blanche : « Je suis responsable de ce que je produis vis-à-vis de mes acheteurs, directement »

David Jarsaillon, arboriculteur en vente directe à la Roche Blanche : « Je suis responsable de ce que je produis vis-à-vis de mes acheteurs, directement » - © auvergne Agricole

David Jarsaillon s’est installé depuis 1995 après des études non agricoles au sein de l’exploitation de ses parents. Très technique, passionné par l’arboriculture, l’homme a développé ses propres itinéraires techniques, empruntés à la fois aux techniques d’agriculture biologique et à celles de l’agriculture conventionnelle.

Installé à la Roche Blanche sur des terres achetées au fur et à mesure (« toujours des friches, en coteaux »), il produit 8 ha de fruitiers, sans irrigation. « Nous ne sommes pas dans un secteur arboricole comme le Limousin ou la vallée du Rhône, où la filière est très organisée. Ici, mon rendement est d’environ 25 tonnes/hectare (contre 55 dans le Limousin), mon coût de revient est d’environ 80 centimes le kilo : je dois commercialiser moi-même » explique t-il. Par goût et par indépendance, il a développé la vente directe : toute sa production fruitière est écoulée en vente directe.

 

Des formations et de la réflexion

Interrogé à propos des phytosanitaires, il explique avoir été de plus en plus prudent : « au début, je traitais sans me protéger. Je suis passé au tracteur à cabine, et je veille à m’exposer le moins possible». On le sait, l’arboriculture est une production très tributaire des traitements phytosanitaires, qu’elle soit bio ou non : produits naturels (Cuivre, Soufre, insecticide d'origine végétale comme la rothénone, etc.) ou produits de synthèse. David Jarsaillon, lui, se dit en lutte raisonnée. Ce terme fut utilisé un temps, mais ne répond à aucun cahier des charges. « J’observe, je décide d’une intervention, et je tiens compte des conséquences de cette intervention» explique t-il.

« Je fais les formations en agriculture bio, et je prends toutes les techniques bio qui me conviennent » dit-il.

 

Perfectionnement au fil des années

Sur le pommier, il plébiscite la lutte par piégeage contre le carpocapse, le pulvérisation d’huile de paraffine contre le puceron cendré, deux techniques AB(1). La taille centrifuge, l’introduction de nids de mésanges dans les vergers, l’introduction d’arbres pollinisateurs dans la ligne d’arbres producteurs, l’usage du phytobac(2)… Il a également choisi de passer en désherbage mécanique, au fur et à mesure du renouvellement des vergers. Il souligne cependant que ce changement coûte cher, notamment à cause du temps de désherbage. « Je teste depuis peu l’utilisation de l’aminocuivre (contre la tavelure du pommier) et de l’aminosoufre (contre l’oïdium) en espérant pouvoir réduire quatre fois la dose habituelle » explique t-il.

David Jarsaillon est critique sur les fluctuations des avis des autorités pour la mise sur le marché des matières actives : retrait d’un produit autorisé, nouveau test, reclassement plus bas avec une nouvelle autorisation. « Les insecticides durs qu’on utilisait autrefois ont été enlevés. Aujourd’hui il ne reste que des produits qui vont diminuer une population de ravageurs, sans la détruire » juge t-il.

Il déplore l’interdiction de certaines matières actives au pouvoir de rémanence très bas, et qui n’ont pas de remplaçantes à ce jour.

 

(1)- Agriculture biologique

(2) Procédé de dégradation biologique des effluents phytosanitaires sur substrat.

 

 

 
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