L'Auvergne Agricole 09 mai 2007 à 00h00 | Par C.Rolle

Affaire Toury - La carte régionale a fait la différence

Le verdict est tombé samedi dernier : l’entreprise Toury est reprise par Dischamp et ses partenaires. Un choix favorisé par l’ancrage régional des repreneurs.

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A l’issue de la délibération du tribunal de Commerce de Clermont-Ferrand, les repreneurs se sont déclarés «fiers d’être auvergnats». Jean-Luc Dischamp, directeur des Fromageries, Georges Brunhes, directeur de la laiterie Dischamp dans le Cantal, Philippe Dischamp, PDG et Pierre Blanchier, directeur général du Glac
A l’issue de la délibération du tribunal de Commerce de Clermont-Ferrand, les repreneurs se sont déclarés «fiers d’être auvergnats». Jean-Luc Dischamp, directeur des Fromageries, Georges Brunhes, directeur de la laiterie Dischamp dans le Cantal, Philippe Dischamp, PDG et Pierre Blanchier, directeur général du Glac - © Auvergne Agricole
Après un mois de procédure d’administration judiciaire, le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand a rendu son jugement et ordonné la cession de Toury aux quatre entreprises regroupées : les Fromageries Dischamp, Glac, Leche Pascual et Vitagermine. A l’issue de la délibération, les repreneurs se sont déclarés « satisfaits et fiers qu’une solution régionale ait été retenue (…). Nous avons créé un groupe fort et soudé en réunissant les compétences de chacun autour des activités de Toury » expliquait Jean Luc Dischamp, directeur des Fromageries. Au travers de cette décision, les repreneurs se sont engagés au maintien de tous les salariés, au rachat des créances de tous les producteurs de lait (6 millions d’euros) et des collecteurs (près de 7 millions d’euros) ; la production des mois de février et mars sera donc intégralement payée. Ils assumeront également la prise en charge de tous les créanciers (hors stock) à hauteur de 21 millions d’euros et la valorisation des stocks (8 millions d’euros). Soit un engagement financier de près de 48 millions d’euros.
Trois pôles d’activités vont désormais se réorganiser autour du lait, du fromage et du jus de fruits. Sur la partie lait de consommation, le Glac entend conserver ainsi sa 3ème place derrière Candia et Lactel. «Nous allons développer l’appellation Lait de Montagne de manière à apporter une valeur ajoutée aux producteurs» déclarait Pierre Blanchier, directeur du Glac. Sur le pôle Fromage, Dischamp souhaite renforcer l’image de l’AOC. « Depuis toujours, nous défendons l’idée que les AOC sont une richesse territoriale partagée par les producteurs et les entreprises et qui aménage le territoire ». En reprenant les 2 200 tonnes de production de St nectaire laitier Toury, Dischamp devient alors le principal intervenant dans ce domaine et complète aussi sa position de leader en St nectaire fermier (1 000 tonnes). Le partenaire espagnol, Leche Pascual, garantira quant à lui le maintien de l’activité jus de fruit Toury et Cidou à Mittesheim. Quant à la société Vitagermine, spécialisée dans les produits biologiques et diététiques, sa présence dans le groupe permettra d’assurer sur le long terme l’activité de produits infantiles développée par Toury.
A propositions égales entre Lactalis et le «groupe des quatre», c’est donc l’ancrage territorial qui a fait la différence dans la décision du Tribunal de commerce. Une décision qui, à l’audience, a fait l’unanimité des producteurs, des salariés, du procureur de la République et de l’administration judiciaire. « Cette décision régionale permet de garder le pouvoir de décision en Auvergne, commentait Jean-Yves Dischamp. Nous somme fiers d’être auvergnats !». «C’est la croyance dans le territoire et les Hommes qui ont fait la différence» surenchérissait le directeur du Glac.
Florent Legay, producteur à Manzat, Gérard Brousse, président des producteurs de défense en Creuse et Régis Chomette, producteur à Busséol : « Nous sommes satisfaits de la décision qui a été prise. La différence entre le dossier Lactalis et celui des quatre entreprises associées tient au relationnel avec le terrain et le territoire.  Avec Lactalis, on a rencontré des juristes et des financiers. Avec Dischamp nous avons rencontré des partenaires. Tout n’est pas que finance dans la vie ! »
Florent Legay, producteur à Manzat, Gérard Brousse, président des producteurs de défense en Creuse et Régis Chomette, producteur à Busséol : « Nous sommes satisfaits de la décision qui a été prise. La différence entre le dossier Lactalis et celui des quatre entreprises associées tient au relationnel avec le terrain et le territoire. Avec Lactalis, on a rencontré des juristes et des financiers. Avec Dischamp nous avons rencontré des partenaires. Tout n’est pas que finance dans la vie ! » - © Auvergne Agricole
A propos de
Fromageries Dischamp - Sayat (63) : CA : 130 M euros. 200 salariés. 45 M de litres de lait. Beurre, fromages AOC.
Glac- Surgères (17) : CA : 600 M euros. 1 000 salariés. 900 M de litres de lait (dont 150 M de litres de lait de chèvre). 5000 producteurs. 23 000 tonnes de beurre
Leche Pascual (Espagne) : CA : 1 milliard d’euros. 4 300 salariés. 250 M de litres de jus de fruits
Vitagermine- Bordeaux (33) : Produits biologiques et diététiques.


Le samedi 5 mai, le Tribunal de Commerce de Clermont-Ferrand ordonnait la cession de :
• Société Laitière Montferrandaise (SLM) (Tallende 63), à Dischamp - Glac
• SARL La Grioni (Saint-Amant Tallende 63), à Dischamp - Glac
• Laiterie de Montagne, (Saint-Nectaire 63), à Dischamp - Glac
• Établissement Toury, (Theix - Saint-Genès Champanelle 63), à Dischamp - Glac
• Laiterie de Mauriac et du haut Cantal, (15), à Dischamp - Glac
• Société laitière d'Ussel et de la haute Corrèze, (Ussel 19), à Dischamp Glac
• Société industrielle Laitière Auvergne Marche (SILAM), (Mérinchal 23), à Dischamp - Glac - Vitagermine
• SARL Cardry Services Industrie, située à Saint-Brandan dans les Côtes d’Armor au Glac
• SAS Cidou, située à Mietesheim dans le Bas-Rhin, à Gruppo Leche Pascual.

« A travers l’association, la mobilisation professionnelle a permis de trouver une solution qui réponde le mieux aux attentes des producteurs »
« A travers l’association, la mobilisation professionnelle a permis de trouver une solution qui réponde le mieux aux attentes des producteurs » - © Auvergne Agricole
Ils ont dit

- Pascal Servier
« A travers l’association, la mobilisation professionnelle a permis de trouver une solution qui réponde le mieux aux attentes des producteurs »



- Alain Mercier, président de l’association de défense des producteurs de lait de Toury
« On ne peut que se féliciter de cette décision. Elle est une reconnaissance régionale de quatre partenaires qui ont su mettre en commun leurs savoir-faire et leur compétences réciproques au service de la production laitière. C’est une décision courageuse qui évite le monopole d’un grand groupe. Si nous n’avions pas eu de la concurrence sur ce dossier, je crois très sincèrement que les producteurs auraient été les grands perdants dans cette affaire. Et grâce à la mobilisation rapide de plus de 90 % des producteurs de Toury nous avons contribué, nous aussi, à faire bouger les choses.

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Yannick Fialip, président de la section régionale laitière
Yannick Fialip, président de la section régionale laitière - © Auvergne Agricole
- Yannick Fialip, président de la section régionale laitière
« Le choix qui a été fait est le choix de l’association des producteurs et de l’administrateur judiciaire. Aujourd’hui, la section régionale laitière va tout mettre en oeuvre pour que ce projet réussisse. Il doit permettre d’une part, d’augmenter le prix du lait au niveau des producteurs et d’autre part de pérenniser l’ensemble des zones de collecte. Nous serons très attentifs sur ces deux points. Avec ce projet, nous souhaitons également avancer sur la valorisation des AOC et du lait de montagne ».


- Tony Cornelissen, producteur de lait en Corrèze
« C’est une belle victoire pour la mobilisation syndicale et pour la solidarité. Nous sommes très satisfaits d’avoir obtenu tout ce que nous souhaitions. Mais le plus dur reste à faire ! Dans un esprit de partenariat, l’entreprise et les producteurs doivent avoir pour objectif la rentabilité et la pérennité de nos productions et de nos appellations ».

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