Les dérobés, une preuve de solidarité
Le sorgho, semé fin juillet, a connu une croissance fulgurante. Mathieu Trillon ne pensait pas que le dérobé atteindrait une telle végétation. - © Mélodie Brut
Pascal Servier est éleveur laitier et ovin, sur la commune du Vernet-Sainte-Marguerite. La sécheresse des derniers mois lui a fait perdre près de 35% de sa récolte fourragère. Afin de nourrir ses 500 brebis et ses 135 vaches, il se met à la recherche de surfaces pour semer du dérobé.
Premier essai
Patrick et Mathieu Trillon, des amis de longue date, proposent spontanément l’une de leurs parcelles, sur la commune de Saint-Beauzire. « Nous avons choisi une parcelle qui fait 14 ha d’un seul tenant. C’est plus pratique pour réaliser l’implantation et les autres interventions. De plus, elle n’est pas limitée par l’irrigation » explique Mathieu Trillon.
Pour l’éleveur, cet élan d’amitié est avant tout un beau geste de solidarité. « Quand Patrick Trillon a su que je cherchais des dérobés, il s’est manifesté spontanément. Pour moi, il a eu une réaction d’amitié mais surtout une volonté d’être solidaire.» Dès lors, ils choisissent tout deux l’espèce à implanter. Leur choix s’arrête alors sur le sorgho. « Nous avons choisi d’un commun accord. Le but était d’implanter une espèce à la croissance rapide et facile de destruction. Le sorgho ne résiste pas aux gelées. » Pascal Servier achète la semence et Patrick Trillon, avec l’aide de son fils, s’engage à implanter et à mener à terme la culture.
Pour les trois associés, la route vers l’inconnu démarre à la fin du mois de juillet. « Nous avons semé sans aucune préparation préalable du sol. La paille avait seulement été ramassée. C’était la première fois que nous faisions du sorgho. Aujourd’hui, je suis surpris du résultat » explique Mathieu Trillon. En effet, le dérobé a reçu le strict nécessaire pour sa croissance. Il n’a été irrigué que deux fois et fertilisé deux semaines après le semis. A quelques jours de la récolte, le sorgho atteint par endroit plus de deux mètres de haut. Une belle réussite pour un premier essai.
Solidarité fourrage
La commune de Pascal Servier n’est pas classée en zone « calamités agricoles ». Impossible donc pour les agriculteurs de bénéficier de l’aide proposée par le Conseil général du Puy de Dôme. Malgré cela, Patrick et Mathieu Trillon n’ont pas fait machine arrière. Pascal Servier a acheté la semence et l’engrais. Il prend également en charge la récolte et l’acheminement jusqu’à son exploitation. Le sorgho sera fauché puis bottelé. L’accord passé entre les trois agriculteurs arrive à son terme.
« Je les salue et les remercie parce qu’ils ont fait du super travail. Nous ne savions pas si le sorgho allait réussir. C’est allé au-delà de ce que je pensais» témoigne Pascal Servier.
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