L'Auvergne Agricole 18 avril 2013 à 10h49 | Par Fabienne Antheaume

Action syndicale - Tous ensemble pour défendre l’élevage

Pris en étau entre la hausse des charges et la pression de la distribution, les éleveurs se trouvent dans une situation désastreuse. Pour faire réagir les pouvoirs publics, l'Udsea a pris part à la journée nationale pour l'élevage.

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Des manifestants attentifs aux avancées annoncées par l'administration
Des manifestants attentifs aux avancées annoncées par l'administration - © UDSEA 63

Vendredi dernier en fin de matinée, près de 200 agriculteurs ont répondu présents à l'appel à mobilisation de l'UDSEA. Venus de tout le département, ils se sont retrouvés devant les bureaux de la DDT, antenne locale du Ministère de l'Agriculture. L'objectif, presser les pouvoirs publics devant l'urgence de la situation de l'élevage.

Une délégation de représentants des producteurs du département a été reçue par M Tridon, Directeur Départemental des Territoires et M Macheteau, Directeur de la DGCCRF. Écoutée, elle a explicité les enjeux de la crise actuelle : l'avenir de l'activité économique de nos territoires ruraux, le financement à court terme de l'activité agricole, la désorganisation de la production du territoire sous l'écotaxe...

 

Des avancées s'amorcent

Après plusieurs mois de discours, les actes se faisaient attendre. Tout s'est passé comme si l'annonce de cette journée d'action nationale dès le 27 mars lors du Congrès de la FNSEA, avait accéléré les choses pour permettre d'apporter des éléments de réponse. Ainsi une table ronde pour le lait se réunissait le 8 avril et des annonces de revalorisation des prix par la grande distribution en découlaient, les députés votaient une exonération de l'écotaxe...

Bref, il semblerait que les choses avancent... Il faudra y veiller.

 

Les agriculteurs ne seront plus les seuls dans la m....
Les agriculteurs ne seront plus les seuls dans la m.... - © UDSEA 63

La FNSEA, la force d’un réseau

La journée du 12 avril avait été annoncée par la FNSEA dès son Congrès à Troyes. Dès lors, à travers toute la France, le réseau s'est mobilisé. Certaines fédérations menant des actions dès le début du mois d'avril.

Au final, 82 départements et 15 000 agriculteurs se sont mobilisés le même jour à travers tout le pays. Les actions ont pris la forme de rencontres avec les pouvoirs publics en préfectures et sous-préfectures, rendez-vous avec les parlementaires, opérations auprès des grandes surfaces, etc. Dans tous les cas, l'objectif était de présenter des cahiers de doléances et de lancer un appel au secours afin d'obtenir des hausses de prix justifiés par l'augmentation des coûts de production, d'améliorer les relations commerciales au sein des filières par une révision de la LME (1) et de revoir l'empilement des normes sanitaires et environnementales, véritables freins à la compétitivité.

 

(1) Loi de Modernisation de l’Economie.

Témoignages

Florian Genevey, jeune agriculteur en cours d’installation à Peslières en culture de plantes aromatiques sous serre

« Je suis venu pour soutenir mes collègues parce qu’il est impassable aujourd’hui qu’un agriculteur n’arrive pas à vivre de son métier. L’agriculture est primordiale pour la France tant d’un point de vue économique que de gouvernance alimentaire. Si demain il n’y a plus d’agriculteurs il n’y aura plus de nourriture ! Je crois me souvenir qu’à l’école les professeurs m’ont appris que l’Union Européenne a été créée pour subvenir avant tout aux besoins des populations après la guerre. Les gens avaient besoin de manger et la PAC a été créée dans ce but. Je pense que nos politiques ont quelque peu oublié ce point de l’histoire. Ils délaissent nos éleveurs en les laissant à la merci de la grande distribution qui aujourd’hui a beaucoup trop de pouvoir. »

Annette Bonvin, éleveuse de vaches allaitantes et productrice de lait de chèvre à Celles-sur-Durolle

« Je suis venue manifester parce que nos prix de ventes ne sont pas assez élevés par rapport aux charges de productions auxquelles nous devons faire face. La grande distribution a aujourd’hui trop de pouvoir puisqu’elle se permet de vendre beaucoup trop cher des produits qu’elle nous a achetés une bouchée de pain ! Nos charges ne cessent d’augmenter ainsi que les marges des distributeurs et nous, nous devons nous satisfaire du peu que nous avons ? Cette situation n’est plus supportable d’autant plus que le gouvernement et l’Union Européenne ne cessent de nous imposer des contraintes. On nous demande toujours plus en termes de protection de l’environnement, de qualité de production, de traçabilité… Malgré nos efforts et nos investissements, nous n’avons que peu de soutiens. »

Cyrille Chouvy, éleveur allaitant et laitier sur la commune de Manglieu

« Je suis venu à la manifestation pour défendre notre cause. Nos charges de productions n’ont de cesse d’augmenter que ce soit l’aliment, les tourteaux, le gasoil ou encore les engrais. Malheureusement, il est difficile d’y faire face lorsque le prix de vente reste bas. Les pouvoirs publics doivent prendre conscience de ce phénomène et du malaise qu’il génère sur les exploitations. Aujourd’hui, aucun éleveur ne peut dire qu’il est à l’abri des difficultés. Nous voyons tous les jours des éleveurs qui cessent leur activité parce qu’ils ne s’en sortent plus. Il faut enrayer ce phénomène dès maintenant et ne pas attendre que toutes les exploitations aient disparues.»

 

Propos recueillis par M. Brut

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