L'Auvergne Agricole 29 mars 2013 à 10h05 | Par Sophie Giraud-Chatenet

Action syndicale - Les moutonniers boutent hors des GMS l’agneau irlandais

A une semaine de Pâques, les producteurs d’ovins ont souhaité, samedi, mettre en avant l’agneau français dans les grandes surfaces. Des éleveurs auvergnats ont participé à cette opération « vérité ».

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Un slogan efficace pour une réalité aberrante : des agneaux produits à l’autre bout de la planète pourtant moins chers que des agneaux élevés et abattus à deux pas de chez soi.
Un slogan efficace pour une réalité aberrante : des agneaux produits à l’autre bout de la planète pourtant moins chers que des agneaux élevés et abattus à deux pas de chez soi. - © Sophie Giraud-Chatenet

Dans dix villes de France, samedi dernier, les éleveurs ovins ont organisé à l'initiative de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs une série d'opérations dans les grandes et moyennes surfaces. Leur but : dénoncer les importations de viande ovine du Royaume-Uni et de Nouvelle-Zélande, revendue à bas prix par les distributeurs. Les producteurs de Rhône-Alpes et d’Auver- gne se sont mobilisés sur le site du Carrefour d’Ecully dans le Rhône et au Leclerc de Bourg-les-Valence dans la Drôme. « Un gigot d’agneau néo-zélandais après six semaines de voyage autour du monde est moins cher qu’une place de cinéma !», s’aga-ce Michèle Boudoin, secrétaire générale de la FNO et productrice dans le Puy-de-Dôme. Dans un contexte français de fortes augmentations des charges, et notamment des charges alimentaires, les éleveurs se retrouvent donc dans une situation financière extrêmement délicate. Difficile en effet de rivaliser avec un agneau néo-zélandais vendu 10 euros contre 17 pour l’agneau français. Les producteurs défendent « le made in France » depuis toujours, pas seulement depuis que c’est à la mode. Alors à Ecully, ils ont collé sur les pièces d’agneaux néo-zélandais, des étiquettes chocs : «le saviez-vous ? Combien de kilomètres a parcouru cet agneau ?» ou encore « cet agneau a-t-il vécu plus longtemps mort que vivant ? » Le dialogue s’est instauré avec les consommateurs, d’autant plus attentifs au discours des éleveurs en ces temps de scandales multiples : «les récents scandales nous prouvent à quel point il est important de consommer de la viande dont les conditions de production sont connues et encadrées, et qui garantissent la sécurité sanitaire du consommateur » explique Michèle Boudoin. Ce que garantit la production française alors à chacun de faire son choix. La manifestation de samedi devrait se reproduire dans les prochaines semaines, notamment à Dieppe et à Calais. La FNO reste de toute façon très mobilisée sur le sujet. Des discussions ont débuté avec le gouvernement pour l’application du label «viande ovine française ».

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