L'Auvergne Agricole 07 mars 2018 à 15h00 | Par Karen Maruel

6 000 poules aux œufs d’or à Randan

Emmanuel Barrier et Isabelle Faye élèvent quelque 6000 poules pondeuses plein air à Randan. Chaque jour, c’est autant d’œufs qu’ils récoltent, exclusivement pour la consommation.

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Les 6000 Lohmann d’Isabelle Faye disposent d’un parcours extérieur de 2,5 hectares,« pour vivre leur vie de poule ».
Les 6000 Lohmann d’Isabelle Faye disposent d’un parcours extérieur de 2,5 hectares,« pour vivre leur vie de poule ». - © K.MARUEL

En parallèle de son exploitation en céréales, Emmanuel Barrier conduit un élevage de 6000 poules pondeuses plein air à Jussat, commune de Randan. Aujourd’hui, il en est à son 6ème lot de poules pondeuses. « Nous voulions exercer une activité hors du commun, il y a peu d’élevages de poules sur le département. Nous avons visité un élevage dans l’Allier et ça nous a plu, alors on s’est lancé», explique Isabelle Faye, son épouse. En 2010, un poulailler de 1000 m² voir le jour, avec un parcours plein air de 2,5 hectares.

 

1 800 000 œufs par an !

« En pic de ponte, nous récoltons entre 5 600 et 5 900 œufs par jour», pour une moyenne de 300 œufs par poule et par an, soit un total d’1 800 000. « Nous recevons les poules prêtes à pondre à 18 à 20 semaines, nous n’élevons aucun poussin », poursuit Isabelle Faye. Grâce au tapis en rotation continue disposé au centre du bâtiment sur toute la longueur, les œufs arrivent tous seuls en salle de tri, où Isabelle n’a plus qu’à les cueillir à la main et effectuer le premier triage. Les plus sales, les plus déformés, les blancs et rugueux sont automatiquement déclassés, ce qui concerne environ 150 à 180 œufs chaque jour. Pour se destiner à la consommation, l’œuf doit présenter des mensurations idéales : pas moins de 53 grammes, pas plus de 73 grammes, être bien rond, lisse et régulier. Les déclassés partent ensuite dans un autre circuit de distribution afin d’être transformés en ovoproduits. Ils sont également vendus en direct au domicile des exploitants pour éviter les allers-venues du grand public sur le bâtiment, et les risques sanitaires associés. Une fois par semaine, les œufs partent pour le Clos Mally avant de se destiner à la consommation. Avant cela, le stockage est assuré dans une chambre qui ne dépasse pas les 18 degrés.

 

Façonner des bonnes pondeuses

Actuellement, les 6000 poules de l’élevage sont de race Lohmann, dont « les œufs viennent plus vite à maturité », confie Isabelle. Elles sont nourries à base de céréales label fermier d’Auvergne pour une consommation journalière de 780 kg, soit 130 grammes par tête. «Pour faire une bonne pondeuse, la poule doit avoir une bonne alimentation. On lui fournit le gîte, le couvert et le logis, ensuite elle fait sa vie de poule en parcourant l’extérieur quand elle veut ». L’élevage de volailles nécessite un travail quotidien, essentiellement centré sur la surveillance et le ramassage des œufs. « Il est primordial d’être minutieux et attentif ». Les poules transitent environ 11 à 12 mois sur l’exploitation de Jussat, après quoi elles sont moins bonnes pondeuses. S’en suit un vide sanitaire d’un mois, pendant lequel le bâtiment est briqué du sol au plafond : curage, démontage des matériaux et des niches, balayage et désinfection dans le strict respect des règles d’hygiène, pour accueillir le lot de poules suivant en toute sécurité.

Une valorisation stable toute l’année

À l’installation d’un poulailler, le centre de conditionnement demande un engagement de l’éleveur pour 12 ans, qui correspond généralement à la durée d’amortissement du bâtiment. En contrepartie, le centre s’engage à prendre 100% de la production à un prix stable toute l’année. L’éle-veur est donc assuré de ne pas être impacté par ce qu’il se passe sur le marché. La valorisation se fait à l’œuf ou au kg, à 7,5 centimes d’euros pour du plein air et entre 14 et 15 centimes pour du bio. La première contrainte d’un élevage de poules reste les règles sanitaires, «mais elles sont indis-pensables à la survie de l’animal et de l’exploitation, et à la préservation du métier ». Outre cette obligation, « c’est un métier plaisant, on travaille dans de bonnes conditions au chaud et à l’abri. Maintenant on espère que ça continue et que ça dure le plus longtemps possible ».

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